Denis Bonzy

2016 (9/10) : une République mais combien de France ?

Basket et chaussure

Gérer une démocratie c'est savoir concilier des antagonismes obligés de vivre ensemble. Mais il y a un moment où les pouvoirs manifestement ne parviennent plus à le faire. C'est le cas actuellement avec la perception de plus en plus forte de France divisées, inconciliables.

Quel rapport entre la France du secteur public garantie de son emploi, avec ses statuts particuliers de retraites, avec son confort matériel des rémunérations des collectivités locales et le secteur privé de la TPE ou de la PME obligées chaque jour de vivre la compétition dans la précarité ?

Quel point d'équilibre entre la France des quartiers de non droit où aucun képi ne s'hasarde et la présence de forces dites de "l'ordre" au bord d'une voie sans danger qui consacrent leur "énergie" à verbaliser pour un dépassement de 10 km/h sur une voie bien dégagée ? 

Quelle justice entre une veuve retraitée obligée de compter chaque euro en fin de mois et la famille immigrée qui n'a jamais été contribuable mais qui touche tout de suite des


allocations sociales multiples ?

Quelle équité entre la personne âgée dépendante qui ne trouve pas un foyer médicalisé pour sa fin de vie et le turc qui arrive et qui constate que des appartements sont réquisitionnés pour qu'il ne dorme pas dans la rue ?

Où est le "système du mérite" quand s'affrontent dans les mêmes concours l'élève qui doit travailler pour payer son logement ou ses matériels d'études et le fils de "bonne famille" qui n'a plus qu'à mettre les pieds sous la table le jour des examens ?

Où est l'exemplarité quand un retraité doit tirer le "diable par la queue" à la fin de chaque mois et que des parlementaires se font des retraites dignes de "parachutes dorés" après seulement 10 ans de travail dans ce cadre ?

… : parce que les antagonismes sont arrivés à des extrémités inconciliables, les citoyens français n'aspirent plus à être … réconciliés. Ils savent que les mots ne suffiront jamais et que les actes de bon sens seront toujours remis au lendemain. 

Il n'y a plus de valeur républicaine quand des France aussi antagonistes existent. C'est le grand échec de l'actuel pouvoir : avoir accepté que de telles inégalités et injustices se creusent encore et toujours. 

C'est ce mal profond qui va faire exploser la République parce qu'il n'y a plus de sentiment d'unité possible dans de telles circonstances. Une réalité que la bien pensance ne veut pas reconnaître.

 

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