L'impréparation avec laquelle les politiciens français ont traité la "nouvelle donne politique" des régionales du 06 décembre a de quoi sérieusement inquiéter. Les sondages l'annonçaient depuis longtemps. Mais, même dans ce cadre, les sondages ne faisaient pas foi. En quelques heures, pris d'un état ostentatoire de panique, tous les repères d'hier ont sauté comme si "la maison était en feu".
Toutes les questions naturelles n'ont pas été traitées :
- si un parti politique est dangereux à ce point, pourquoi accepter qu'il puisse être voué à concourir comme tous les autres lors d'une élection ?
- un parti politique pourrait-il être interdit de région alors qu'il gère déjà des Communes importantes ? A quoi tient la différence ?
- si la France doit se mobiliser contre ses "extrêmes", cette notion s"applique-t-elle exclusivement à la droite ? La gauche n'aurait-elle aucun extrême ? A quoi tient cette différence ?
- Comment expliquer sérieusement que 30 % des Français puissent de bonne foi cautionner un tel "extrémisme" s'il est si dangereux que cela au point de susciter la grande mobilisation nationale ?
Toutes ces questions pourtant naturelles et sérieuses sont restées sans réponse.
Si bien qu'aujourd'hui, et cela est manifeste à chaque conversation,
la France est en effet un pays politiquement dévasté. Il y a une forme d'amertume générale qui concerne non seulement ceux qui estiment que leurs votes ont été sacrifiés mais ceux qui considèrent que leurs votes ont été dévoyés en soutenant un candidat éloigné du leur et surtout ceux qui estiment que l'acte de vote est sérieux au point de mériter des réponses solides à des questions importantes, réponses jamais obtenues.
Il y a deux logiques de l'union :
- celle du refus : elle vit un jour dans l'émotion,
- celle du projet : elle peut vivre plus durablement dans la raison de la construction du projet en question. Mais encore faudrait-il connaître le projet en question.
Le problème pour les Français c'est qu'ils acceptent d'être manoeuvrés en permanence par les émotions :
- un jour, c'est la "guerre",
- puis c'est le civisme (il faut voter),
- puis c'est le civisme contre un candidat (il faut surtout voter contre),
- puis c'est l'union nécessaire (mais pour quoi faire ?).
Lors des primaires du PS, j'avais de l'attention pour Valls. Il défendait alors un socialisme moins archaïque que ses concurrents. Maintenant, j'ai de l'indifférence pour Valls. Pour garder son calme et la réflexion nécessaires, il faut rester extérieur au tourbillon permanent de tempêtes qu'il incarne.
La France est déjà une "cocotte minute" au bord de l'explosion. En augmentant chaque jour une flamme de plus, il ne faudra pas s'étonner le jour où la cocotte va exploser. Le pire c'est qu'on peut même commencer à s'interroger si ce n'est pas le vrai objectif poursuivi. Un pays vraiment politiquement dévasté qui ne règle rien, qui passe d'une colère à une autre.
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