Denis Bonzy

Le grand retour du chiffre d’affaires

Berlin Valley

Le premier semestre 2016 s'annonce redoutable pour l'économie française. Il y a la conjonction de trois facteurs graves. Tout d'abord, l'instabilité politique probable. La victoire du FN va créer une crise de légitimité généralisée accélérant le lancement de la présidentielle 2017. Une crise incontournable qui couve depuis 15 ans face à un système incapable de se réformer.

Ensuite, des métiers avec des cycles saisonniers forts sont terriblement déstabilisés depuis les attentats du 13 novembre. Les chutes de CA sont considérables lors d'entretiens notamment avec des commerçants.

Enfin, l'éclatement de la bulle des start-ups arrive. C'est une situation que j'ai évoquée depuis plusieurs semaines déjà. Mais le pronostic d'alors s'accélère. La presse spécialisée commence à débattre non pas de la survenance de l'événement mais de son calendrier. Pire encore, elle débat de l'acte détonateur de la crise à l'exemple des commentaires sur l'édifice des frères Samwer dans la "Berlin Valley" (photo ci-dessus). Des investisseurs référents (Grinda par exemple) l'inscrivent officiellement dans leurs tribunes. Des entreprises pourtant prometteuses qui avaient programmé une introduction en bourse commencent à la décaler … La crise est dans la salle d'attente.

Quelle crise ?

Sur le plan économique,


une crise de la consommation à laquelle s'ajoute une crise des jeunes pousses qui ne font pas de chiffre d'affaires. Dans les deux cas, c'est la crise du rêve. Pour consommer, il faut rêver à un demain meilleur. Pour financer des entreprises sans CA, il faut rêver à la "grande conquête". Or le temps n'est plus au rêve. 

Pour les entreprises traditionnelles, il va falloir se recentrer sur leur CA traditionnel, le conforter. Pour les "jeunes pousses", la mode va évoluer vers celles qui font déjà du chiffre d'affaires. C'est le grand retour du chiffre d'affaires. La matérialité. L'immédiat. Le concret solide.

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