Cette semaine à l'actualité écrasée par le drame des attentats de Paris, un fait est passé inaperçu : le groupe Altice a gagné des droits TV de football hier exercés par Canal +. Gagné comment : en offrant +. Toujours +. Et pourtant le groupe Canal + avait la réputation d'être généreux. Offrir + mais sur quelles bases ? Car le groupe Altice c'est 35 milliards d'euros de dettes.
Une période qui ressemble beaucoup au 1er semestre 2001 lors de l'introduction en bourse que j'avais alors conduite et où le marché s'était retourné en quelques semaines.
Les faits : Altice, c'est un groupe privé qui a un montant de dettes plus élevé que 9 Etats de l'Union Européenne.
Un groupe privé qui finance ses acquisitions via des LBO en "se payant sur la bête" : endettement pour acheter une société puis dégager des résultats pour rembourser la dette par la cible. Mais il y a un moment où la cible peut ne pas dégager des résultats. Et à ce moment là, l'édifice s'écroule.
Ou plus précisément, le montant des résultats à obtenir peut être trop élevé et par définition l'édifice est voué à s'écouler.
C'est aujourd'hui la question qui se pose pour Altice de Patrick Drahi.
Dans le même moment on constate trois autres faits :
1) le montant des valorisations des start-ups sans véritable CA (c'est à dire celles qui courent les levées de fonds pour disposer de la trésorerie nécessaire) s'effectue sur la méthode des comparables au-delà de tous les critères techniques classiques,
2) or les valeurs clefs qui ont fondé les comparables peinent à rebondir en dehors de rares valeurs vedettes,
3) c'est à dire que le jour où une valeur explose c'est toute la méthode des comparables qui explose.
Le temps des start-ups sans CA véritable semble être passé. Les placements et introductions vont se déplacer vers les sociétés ayant des CA solides. Le temps de vendre du rêve s'éloigne. Parce que le temps du rêve commence à trop s'identifier au risque du cauchemar.
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