Le Postillon de l'automne 2015 est sorti. Et remarquable entretien avec Paul Weisbuch. Des formules chocs dont :
"…
on peut citer le préfet de l'époque qui avait droit toutes les semaines aux "gâteries" de Nadia ou des autres filles.
… dans la magistrature soit vous faites carrière soit vous faites votre métier.
… dans beaucoup de ponts à Grenoble se trouvent des corps de femmes …".
Une présentation colorée, franche d'une facette de la délinquance à Grenoble. 3 pages grand format qui valent la lecture : claires, précises, incisives.
Un article qui montre combien le papier garde une place à part dans l'information. Prendre la publication. L'ouvrir. Constater l'espace qu'elle prend. Prendre son temps pour découvrir un article, long, détaillé, bien écrit.
C'est cette qualité d'écriture qui fait la force du Postillon. Les rédacteurs ne sont pas "anti-système" mais à l'écart de tout système. Le titre sur Clinatec et les … singes qui ratent le prix Nobel, c'est ce décalage qui fait la force de cette publication. Il y a un moment où l'humour et la dérision cachent la violence des mots. Mieux l'amplifient encore davantage tout en étant moins visible.
C'est l'une des forces de la "gauche de la gauche" grenobloise.
Ce fut l'une des clefs de la victoire de l'équipe de Piolle à Grenoble. Face aux "bourgeois gestionnaires" PS, aux apparatchiks UMP ou aux citoyens libéraux défendant l'individualisme, cette "gauche" a un grain de fantaisie qui donne un côté sympa, festif, hors système.
C'est une donnée qui correspond au
tempérament grenoblois, à la sociologie locale alors qu'elle serait peu concevable à Bordeaux et discréditerait le contenu à Lyon. A Grenoble, il est possible de faire rigoler sur la politique sans passer pour des rigolos bien au contraire. Le recul par la dérision donne presque du poids, de la "raison".
Une donnée qu'il faudra intégrer dans les prochaines campagnes électorales locales. Un autre style. Mais loin d'être déplaisant d'ailleurs.
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