Quel est le tournant de la période actuelle en France ? C'est l'échec du storytelling. Pourquoi ? C'est la différence entre raconter une histoire et raconter des histoires. Raconter une histoire c'est construire un axe essentiel que des actes accessoires valident, renforcent, crédibilisent.
Raconter des histoires, c'est constater un tel décrochage entre l'essentiel et l'accessoire que l'accessoire perd tout sens, toute utilité.
C'est la différence entre le conteur et le bonimenteur.
Des exemples concrets actuels :
– la SNCF est-elle sympa avec sa clientèle parce qu'elle les informe en temps de crise ? Non. Mais la SNCF veut construire sa sympathie en disposant des … pianos dans les gares = décrochage.
– l'Etat proclame la priorité scolaire. Mais il ne donne même pas d'enseignant dans un IME de la Drôme = décrochage.
– Hollande veut se faire pardonner ses échecs. Il se la joue donc modeste dans un livre au titre terrible : le stage est fini. A qui viendrait-il l'idée de confier la responsabilité d'un Etat en temps de crise à un … stagiaire ? L'accessoire produit-il l'effet souhaité ? Non. Que dit l'opinion : "c'est grave qu'il se soit trompé à ce point puisqu'il est forcé de le reconnaître maintenant".
…
Il y a un moment où l'accessoire ne parvient plus à cacher l'essentiel, à le travestir. La France est entrée dans cette étape. Le storytelling est perçu comme un piège à cons, à gogos. Dès que la ficelle est annoncée, elle est mise en échec. Et maintenant la ficelle est trop grosse donc perçue même si elle … n'existait pas.
Raconter des histoires c'est devenir bonimenteur. Un pas décisif vient d'être franchi dans la technique de communication car la confiance est cassée. Le vocabulaire français est bien fait. Un mot change tout parfois. C'est la différence entre faire du bateau et mener en bateau. Faire rigoler et être un rigolo. Raconter une histoire ou raconter des histoires…
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