Même dans la neige, certains des tempéraments de politiques français ne laisseraient pas de trace. Ils ne bougent pas. Dans ces conditions, comment s'étonner que l'abstention soit la grande gagnante des prochaines cantonales. Il sera de "bon ton" de regretter le "manque de civisme" des citoyens. Mais la participation des citoyens se gagne. Ce n'est pas la morne plaine actuelle qui va y contribuer.
La France a donné naissance à une génération transparente. Des professionnels de la politique, dont une grande partie pour des raisons alimentaires, qui n'ont aucun parcours de vie en dehors de manipuler les mots.
C'est la chance du Front National ou des Verts. Là au moins, l'opinion a le sentiment qu'il y a du "solide" pour se raccrocher.
Le "bourgeois socialisme" a dilué les convictions dans trop de nuances. L'UMP du temps de Sarkozy est celle qui a lancé le plus de passerelles à destination du … PS : Migaud à la Cour des Comptes, Jouyet, Kouchner, Hirsch … au Gouvernement.
Pour ce qui concerne le libéralisme en France, jamais essayé, il fait toujours peur car assimilé à la remise en question brutale "d'acquis" sociaux.
Par conséquent, les doctrines font défaut pour mobiliser.
Les tempéraments des candidats vont-ils les remplacer ? Non. Dans la quasi-totalité des cas, les tempéraments sont devenus des apparatchiks qui disent comme les électeurs. Surtout pas de risque. Il n'y a plus de débats d'idées avec des perspectives sérieuses clivantes. Le "bon mot" remplace la vision. La "blagounette" du jour tient lieu de … programme ou d'espace d'idées.
Jamais à ce point l'offre politique en France n'a été aussi fade, tiède, triste.
La politique n'a jamais coûté aussi cher en France compte tenu du niveau de fiscalité. Jamais le spectacle politique n'a été aussi mauvais. Jamais les perspectives n'ont été aussi faibles.
Des pays ont des combattants face à la crise. Aux Etats-Unis, au Canada, en Grèce … : il y a des profils qui tranchent.
Ils ont eu un parcours de vie, des
hauts, des bas. Ils connaissent la vie. Ici, ils connaissent les couloirs du pouvoir et veulent accéder aux bureaux du pouvoir. Pas de risque. Les batailles personnelles leur servent de critères de décisions.
Quand d'autres pays ont des combattants face à la crise, la France a des hôtesses d'accueil pour la crise. Pas étonnant que la crise se sente si bien en France et qu'elle s'y installe si durablement. L'enjeu pour les professionnels de la politique en France n'est pas de vaincre la crise mais d'éviter qu'elle ne les touche. C'est plus qu'une différence.
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