La France a un vrai souci avec son Histoire. Tantôt elle l'oublie très rapidement. Tantôt elle le scénarise avec un sens de la discrimination assez surprenant. Ce fut le cas cette semaine avec les 40 ans de la "loi Veil" sur l'avortement. Il n'a jamais été question de VGE. Ou si peu.
Dans un régime où tout procède du Chef de l'Etat, là le Chef de l'Etat était … absent. Il n'existait pas. Pas un commentaire pour quand même célébrer celui qui a eu le talent et le courage de nommer des personnalités comme Simone Veil ou Françoise Giroud.
A en croire l'actualité de la semaine écoulée, Simone Veil a été nommée toute seule. Elle a présenté le dossier de sa seule initiative. Où était donc Giscard à cette époque ?
C'est incroyable, cette incapacité à ne pas discriminer une lecture historique en France.
C'est probablement l'une des raisons du
malaise de ce pays. Il n' a jamais l'honnêteté de regarder son Histoire en face. Ses meilleurs moments. Ses pires moments. Dans ces conditions, comment profiter des premiers et comment éviter les seconds ?
En 40, tous les Français ont été résistants.
En 60, la France n'a abandonné aucun de ses territoires. Quand elle a fait la guerre, la torture a été exceptionnelle, des faits personnels.
Et bien sûr, la France est écoutée de la terre entière.
Ainsi vont les légendes politiques bien orchestrées.
Une légende s'ajoutera : Simone Veil a été détachée de tout gouvernement pendant une loi qui mettait à l'épreuve une société, donc pas banale.
Il est même possible que la date anniversaire ne soit pas la bonne. Comme c'est le cas en espèce.
En 1974, au 1er tour de la présidentielle, j'ai voté Chaban-Delmas. Ce fut ma première vraie campagne électorale comme jeune étudiant. Les meilleurs souvenirs d'après furent mes rencontres avec Chaban-Delmas. Au second tour en 1974, j'ai voté VGE. Parce que Mitterrand a toujours incarné à mes yeux la "gauche insupportable", celle qui porte le coeur en bandoulière, qui fait espérer les couches populaires mais qui vit dans les pires clichés de la "droite" à titre personnel. C'est si simple en France.
Dernièrement,sur France 2, j'ai regardé avec intérêt le portrait d'Arlette Laguiller. Quel air pur. Je ne partage pas ses idées. Mais quelle honnêteté dans ses combats. Quelle honnêteté entre ses combats collectifs et son comportement personnel.
J'ai jamais regretté d'avoir voté VGE. Quelle belle mécanique intellectuelle. Sa campagne 1974 a été merveilleuse. une vraie fête.
Son bilan a porté des réformes de société considérables.
Quelle tristesse de ne pas l'avoir vu associé à l'une des réformes importantes de son mandat.
DB
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