Denis Bonzy

La France et sa nouvelle culture où « avoir un idéal est ce bien raisonnable » ?

Ce qui me semble caractériser la rentrée de septembre 2014 en France, c'est la panne d'idéal. Quand j'ai des contacts par téléphone ou mail avec des anciens étudiants qui sont partis aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, à Londres … il y a du punch dans leur démarche, de l'idéal dans leurs projets. Ils ont envie de "bouffer le monde" comme c'est sain à cet âge.

Ici, l'idéal n'est plus chez lui.

Dans les différents domaines qui pouvaient être des moteurs, les réactions identiques s'enchaînent : toutes défaitistes. L'abandon est au coin de chaque conversation : "à quoi bon ?"

Faire de la politique : "à quoi bon si c'est pour passer son temps à s'engueuler comme au PS, à devenir de facto l'auxiliaire des assistantes sociales, par ailleurs très beau métier, ou penser au pouvoir mais gérer les frustrations du "faux pouvoir". De toutes les façons, c'est beaucoup de salive pour que rien ne bouge à la fin".

Faire des affaires : "très dur, et de toutes les façons que restera-t-il quand l'imposition à chaque étape sera passée … ?"

Vivre une carrière hospitalière : "il faut se méfier car l'hôpital c'est le nouveau pauvre du nouveau siècle",

Enseigner à  l'Université : "tant d'années d'études pour être aussi mal payé …".

Espaces verts

Le champ des possibles qui motivent n'existe plus. 

C'est l'échec n° 1 des politiques ! 

Comment imaginer


une dynamique collective si individuellement chaque membre du groupe n'a plus de moteur ?

L'idéologie collective du progrès est au vestiaire parce que les échecs collectifs sont trop nombreux et  violents : changement climatique, pauvreté de continents, guerres de religions comme à la nuit des temps …

Mais en France, même l'idéologie individuelle du progrès est en train de s'éteindre et au sein de la plus belle génération qui devrait la faire sienne : la jeunesse. 

Comment peut progresser une collectivité où les plus ambitieux se font progressivement à l'idée qu'il faut la quitter pour mieux vivre ? 

C'est une réalité psychologique qui me semble actuellement gravement sous-estimée.

Cette "bombe" est probablement à terme aussi destructrice que l'état de la dette, voire davantage même…

Aviron

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