La situation actuelle est celle du condamné qui demande encore une minute au bourreau. Hollande est confronté à une crise systémique dont il ne sortira pas avec les actuelles gesticulations. Le mal est considérablement plus profond. Il tient au système et à sa structure.
Deux maux structurels créent des effets systémiques auto-entretenus : le seuil d’impopularité et le chômage.
En matière politique, l’opinion publique française est suiviste. Le succès précède le soutien. L’échec précède … l’abandon. D’où l’impact particulier des sondages. Un sondage favorable crée au suivant un soutien auto-entretenu par le sondage initial. Même logique pour un sondage défavorable mais à la baisse.
Hollande a franchi un seuil de défiance qui auto-entretient une spirale infernale qu’il doit casser par un acte fort qui consiste à rendre la parole aux Français.
En matière économique, la crise structurelle naît du chômage. Crise psychologique : comment aimer une société qui vous rejette ? Crise financière : le chômage appauvrit des segments entiers de la population donc modifie structurellement le moteur de la consommation. Il le modifie d’autant plus qu’aux victimes premières s’ajoutent ensuite celles qui pratiquent l’épargne de précaution.
Plus cette crise systémique s’installera, plus la sortie sera lourde de conséquences.
Il y a actuellement trois questions qui ne sont plus traitées à leur juste dimension :
1) Comment le personnel politique peut-il demander des efforts sans commencer à donner l’exemple ? Non seulement le personnel politique ne donne pas l’exemple en ne supprimant en rien ses avantages mais il donne le mauvais exemple en cumulant les salaires divers, en s’exposant à des scandales qui mettent en cause des sommes folles : Bygmalion, les conseillers démissionnaires de Hollande …
2) Comment accepter un pouvoir sans le respecter ? C’est impossible. Or l’actuel pouvoir n’est plus respecté. Des frontières d’expressions ont été franchies. Je suis surpris actuellement par l’escalade dans l’expression vulgaire émanant de personnes
jamais habituées à de telles déclarations.
3) Sans rebond fort, le FN est sur une autoroute pour le pouvoir. Les citoyens pensent punir le personnel politique sortant en votant FN. C’est la rente de situation du FN. Plus le personnel politique est détesté, plus le FN monte. Marine le Pen se situe actuellement à un niveau de 28 à 30 % (sondage IFOP pour Marianne). Les études techniques très sérieuses ont montré que 27 % à un 1er tour était le seuil de la victoire parce que ce niveau crée une dynamique auto-entretenue à son tour. Pourquoi le FN échapperait-il à cette règle ? Il ne devait pas être le 1er parti de France. Il l’a été en mai 2014 lors des européennes.
Ces facteurs créent aujoud’hui une situation inédite d’une extrême gravité et qui, objectivement, ne peut être durable.
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