Denis Bonzy

France : le pays du Watergate permanent mais sans … sanction

Le 9 août 1974 (il y a 40 ans ce jour), Richard Nixon quitte la Maison Blanche. Il a démissionné. C'est l'une des fins du Watergate. Pour l'essentiel, le Watergate, c'est la place du mensonge dans la politique. Nixon ne s'est jamais remis de sa conférence de presse du 22 juin 1972. A cette occasion, il déclare "la Maison Blanche n'est impliquée en aucune manière dans cet incident là". 

Tout le reste n'est que la conséquence directe ou collatérale de cette déclaration ou l'enfoncement dans le mensonge à partir de la conférence de presse du 22 juin sur laquelle Nixon ne veut pas revenir et pousse ses collaborateurs à constituer des boucliers.

La leçon positive du Watergate dans la politique américaine, c'est que rien n'est pire que le … mensonge.

C'est d'ailleurs ce que va de nouveau avec de moindres conséquences politiques révéler l'affaire Clinton – Lewinsky. Après des premiers aveux confus, Clinton va reconnaître la vérité parce qu'il sait qu'avec une dimension de mensonge, l'affaire sexuelle va changer de nature.

Si la politique française traverse un hiver inédit c'est parce qu'elle est devenue la maison du mensonge sans sanction.

En France actuellement, le mensonge est chez lui.

Mensonge par actions :


les chiffres sont faux, les engagements sont donnés sans illusion, les leurres sont quotidiens …

Mensonge par inaction : les vraies relations personnelles ne sont pas révélées, les conséquences de comportements inadaptés (par exemple les déclarations de patrimoines des parlementaires à peine lisibles) sont entourées d'aucune conséquence pratique, les institutions supposées impartiales (CSA, Conseil Constitutionnel) sont composées de partisans militants…

La France est devenu le pays du Watergate permanent mais sans … sanction. 

Cette place du mensonge est l'explication principale de la crise de confiance donc de la crise de participation.

Dans ce domaine comme dans tant d'autres, la France a pris de la politique américaine le pire et a abandonné ce qui pouvait corriger ce pire. 

En matière de pire, il faut quand même reconnaître  que la France bat des records :

– la fausse frontière du privé : la liaison de Mitterrand avec une suédoise a-t-elle donné lieu à une naissance de plus "extra-famille officielle" en dehors des Pingeot que les contribuables ont financé pendant des années dans la plus totale illégalité ?

– la fausse frontière du public :  les incursions dans la vie privée sont ici préparées, guidées parce que le privé doit servir l'image publique :  une photo sur une plage, sur un vélo …

C'est parce que progressivement, tout est perçu comme faux que la vie politique française est devenue répulsive. 

C'est le pays du Watergate.

Nixon

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