Denis Bonzy

Comment expliquer l’actuelle mode de l’isolationnisme grenoblois ?

Chaque victoire électorale  correspond à une vague culturelle. Ce qui me surprend le plus dans la situation grenobloise, c'est l'actuelle mode de l'isolationnisme grenoblois  :  étre à l'écart de tout ce qui peut normalement être un acte de développement. Tout ce qui est perçu ailleurs comme le développement nécessaire est ressenti ici comme une menace à éviter. Une mentalité qui est à l'opposé des cultures vécues dans bon nombre des autres territoires.

Prenons des exemples concrets :

– sports : ailleurs, les municipalités acceptent la logique identitaire d'un stade. C'est une logique qui contribue certes au développement du nombre des équipements. A Grenoble, les stades doivent être partagés : à l'excès, un stade suffirait,

– désenclavement : ailleurs, plus une "grande" ville est au


coeur d'un maillage de dessertes multiples, plus c'est le symbole de son dynamisme et de son attractivité à venir. A Grenoble, il ne faut surtout pas augmenter les dessertes et encore moins les zones de grandes voiries,

– relations entre la ville chef lieu et la métropole :  ailleurs, les villes de la  métropole sont fières de voir la ville chef-lieu s'engager dans l'intercommunalité, prendre ses responsabilités, être le drapeau des conquêtes collectives. A Grenoble, si la ville chef-lieu s'engage c'est de l'impérialisme irrespectueux de la diversité du tissu des "petites" Communes environnantes,

– sécurité : c'est la  première des libertés et tout particulièrement celle des personnes plus fragiles. Par conséquent, tout doit être mobilisé pour vivre en sécurité. A Grenoble, développer la sécurité, c'est flicage intolérable. La liberté, c'est accepter l'insécurité. 

– emploi : ailleurs, c'est la première mesure sociale, la porte vers l'autonomie. C'est donc l'une des fonctions les plus éminentes aux premières places des postes des nouvelles équipes municipales. A Grenoble, le mot "emploi" ne figure dans aucune des responsabilités de l'exécutif municipal. Il est question seulement d'"économie de proximité". Là encore, impact de cette culture d'isolationnisme comme si l'économie n'était acceptable qu'à la condition d'être … de proximité !

Ce qui est  bon ailleurs ne trouve pas application à Grenoble. 

Il ne faut pas considérer  que la raison est nécessairement dans le camp du grand nombre. Mais quand systèmatiquement les autres font l'opposé de ce qui est pratiqué, l'humilité doit consister à s'interroger sur ce décalage.

C'est un décalage inédit à ce point qui va mériter des recherches pour chercher à comprendre à quoi tient cette mode de l'isolationnisme  grenoblois ?

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