Denis Bonzy

Carnet de campagne : une opinion déboussolée qui nage entre des contradictions totales

Pendant une campagne électorale, être candidat, ce serait accepter que n'importe qui puisse exprimer une opinion sur le compte d'un candidat mais que ce dernier aurait comme seule perspective de ne …rien dire. Parce que je crois que la vie publique doit être réformée, cet usage n'est pas le mien. D'où cette rubrique pour les derniers jours de campagne avec la plus stricte sincérité.

Ce matin, sur les marchés, pour la première fois à ce point, j'avais le sentiment qu'il était temps que la campagne prenne fin. J'éprouve à la fois de la compréhension pour certaines réactions mais aussi de l'irritation croissante face à d'autres.

De la compréhension,


parce que ce matin le nombre de candidats au m² battait des records dans certains lieux. Je ne fais pas les marchés d'ordinaire. Il y a eu une période où ce rendez-vous du samedi matin était un temps agréable. Puis cette habitude est passée. Mais comme citoyen j'aurais été assailli par autant de candidats, j'aurais manifesté rapidement mon exaspération face à la rupture du calme attendu lors de ces moments.

Ces circonstances atténuantes exposées, comme candidat, la vérité m'impose de dire combien je suis surpris par des contradictions totales.

Très souvent des plus de 60 ans vous "accueillent" avec une colère à peine contenue. Puisque vous êtes candidat, vous êtes assimilé au groupe des "pourris" que sont devenus les politiciens professionnels. Le candidat doit accorder sourire et attention à chacun mais en retour il peut être traité comme n'importe quoi par n'importe qui. Etonnante rupture d'égalité. 

Un candidat est "pourri" puisque sortant il appartient au "club des affaires" et si, candidat entrant, c'est qu'il aspire à appartenir à ce "club". Mais que signifie alors la tendance des cadeaux à destination des citoyens : clefs USB, ballons, places offertes pour spectacles …

Cette logique du "cadeau condamnable" en fonction du bénéficiaire est étonnante. J'ai obervé les censeurs et constaté qu'aucun citoyen ne réprimait le fait qu'un parti – candidat n'ait à l'idée de lui offrir un cadeau. Y aurait-il une "innocence" aussi grande pour considérer que le cadeau serait … désintéressé ? 

Même contradiction sur le jugement porté sur les sortants. "Tous pourris, incompétents, nuls …" ! Et alors qu'est ce qu'on fait ? On les … garde. C'est d'une "logique" assez … surprenante.

Bien entendu, la règle veut que le citoyen soit le "gardien" de la qualité du débat d'idées. Pourtant, la réflexion que j'ai le plus entendue de la part de personnes qui me connaissent de longue date n'a jamais concerné une seule des idées émises mais très souvent : "qu'est ce que vous avez blanchi !".

Chacun a éprouvé des difficultés pour boucler les listes. Chacun a éprouvé des difficultés à respecter les formalités administratives irréelles pour enregistrer les listes. Si l'actuel climat ne change pas, les candidatures se raréfieront de façon accélérée. Il ne restera que des "candidats" acceptant de telles règles vues nulle part ailleurs. Qui peut courir après une telle deconsidération ? 

Avant d'analyser les relations entre les candidats et les citoyens, bon nombre de citoyens deraient commencer à analyser la relation qu'ils entretiennent entre eux-mêmes et leur qualité de citoyen. S'il y a encore un espace pour le recul et pour le bon sens, il ,devrait y avoir rapidement le sentiment que, dans l'actuelle course au néant, la responsabilité collective a maintenant franchi des seuils graves.

DB

Place Ste Claire

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