L'actuelle polémique sur le classement de Shanghaï en matière d'universités est effrayante sur le fond tant elle est révélatrice d'une réalité gravissime : le pouvoir donne la préférence à ce qui est subjectivement possible sur ce qui est objectivement juste.
C'est une attitude d'une extrême gravité.
Le classement de Shanghaï est ainsi déclaré faux, de mauvaise qualité, sauf quand … il reconnaît la 107 ème place à l'Université Joseph Fourier de Grenoble. A ce moment là, exceptionnellement, le classement de Shanghaï redevient … juste !
Quand on arrive à un tel niveau de mauvaise foi, un pays sombre dans l'obscurantisme intellectuel.
Au pouvoir, le PS tombe régulièrement dans des travers graves :
– un sectarisme qui conduirait à devoir d'abord s'excuser d'être dans l'opposition avant toute remarque négative sur un acte de pouvoir du PS,
– une arrogance à présenter une vision manichéenne de la société entre ce qui est bon et le reste,
– mais surtout une identification aux Institutions qui dénote une appropriation quasi incompatible avec la démocratie où le détenteur du pouvoir n'est qu'un locataire éphémère des Institutions.
Au moment où il est de mode de revenir à des fondamentaux, l'opposition devrait offrir à chaque Ministre le livre de Julien Benda "la trahison des Clercs". Livre qui date de 1927 mais qui contient des valeurs simples : quand une société n'a plus de défenseurs du vrai et du juste, elle est perdue.
C'est le cas de la société française, où le vrai et le juste ont entièrement perdu leurs places.
La vrai s'est effacé devant ce qui sert à des fins électorales. Tout est bon pour gagner des voix, même si c'est entièrement faux.
Le juste s'est effacé devant ce qui est possible toujours à des fins électorales.
C'est un état d'esprit très préoccupant. Encore davantage préoccupant quand il est incarné par la Ministre des Universités qui devrait être le dernier bastion d'une certaine réserve intellectuelle, de la modération et du respect de données méritant la confiance.
Cette débandade intellectuelle compte pour beaucoup dans l'actuelle perte de crédit des "responsables" politiques.
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