Le 21 juillet 2011, nous avons décidé de publier la création du Club 20.
Cette date avait été choisie par référence à la journée des Tuiles et à la place que nous entendions reconnaître aux valeurs de l'héritage révolutionnaire.
Quatre valeurs nous semblent mériter une actualité forte :
1) la notion même d'idéal : il y a eu un idéal révolutionnaire. Ce sentiment d'un jour nouveau qui doit se lever. Une mentalité qui a malheureusement beaucoup décliné pour laisser place progressivement au sentiment de fatalité. Ce sens de l'idéal doit retrouver force.
2) L'affirmation de l'individu : la Révolution française, c'est d'abord la naissance de la politique comme chose publique. Le concept de citoyen dépasse tous les autres statuts pour devenir d'abord une belle fête de l'égalité dans le domaine de la citoyenneté.
3) L'idéal révolutionnaire repose sur le progressisme optimiste : la Révolution s'inscrit dans la lignée de la philosophie des Lumières : le progrès est à venir encore et toujours. Cette idéologie progressiste a été combattue ensuite par des intellectuels qui l'ont présentée comme dangereuse car illusoire. Mais à l'échelle de nombreuses décennies, force est de constater qu'elle a été vérifée dans les faits grâce à des progrès collectifs considérables.
4) La définition du futur collectif doit se déterminer par le débat : à l'époque la diversité du débat a été illustrée par l'exposé de thèses très différentes (Robespierre, Danton …). Ce sens du débat est à la base même du système démocratique. Quand il n'y a pas débat, il n'y a pas de démocratie.
Voilà les 4 valeurs que nous avons tenté de promouvoir pendant deux ans avec des publications nombreuses, précises, positives, constructives.
Deux ans plus tard, c'est étonnant de constater combien ce "climat révolutionnaire" s'est popularisé. Le mot "révolution" est devenu mode.
Dans cette évolution, le Club 20 n'a aucune responsabilité positive. Cette évolution est liée au fait que le décalage entre le système politique et les citoyens s'est considérablement creusé. Nous avions seulement un peu devancé cette tendance dans la formulation.
Ce sera probablement le vrai enjeu de mars 2014. Les étiquettes politiques ne recouvrent plus les vrais conservateurs ou les faux progressistes. Les citoyens entendent se réapproprier leur citoyenneté et les élections de la proximité vont le permettre de façon exemplaire.
Denis Bonzy
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