Denis Bonzy

Des risques de « Detroit » en France ?

La France n'a pas encore connu de faillite retentissante comme celle de la ville de Detroit. Rigoureusement, la situation n'est pas comparable puisque cette ville américaine a été confrontée à deux facteurs (restructurations industrielles liées à l'automobile + exode de populations donc de foyers fiscaux) qui ne correspondent pas aux "amortisseurs" français.

Mais, sur la gravité structurelle de certains déséquilibres financiers, il serait quand même temps que les citoyens français soient davantage lucides.

Le dossier des emprunts toxiques n'est toujours pas traité sérieusement.
Grues 1La seule banque Dexia fait actuellement l'objet de 140 procédures judiciaires engagées par des Communes qui sont dans la quasi-incapacité d'honorer leurs signatures en matière de dettes toxiques et qui, pour l'instant, gagnent du temps pour ne pas honorer les engagements initiaux qui ont été les leurs.

Il en est de même pour d'autres collectivités comme le Département de la Seine St Denis.

En Espagne, des régions sont sous perfusion. C'est l'Etat qui mène des plans de sauvetages à grands frais. 

En Italie, la Ville de Milan échappe à une rupture de trésorerie en engageant des procès contre des banques et s'échappe ainsi, au moins provisoirement, à des taux de dettes toxiques qu'elle ne sait pas honorer.

Une nouvelle fois, les Etats-Unis sont montrés du doigt avec une réaction d'hostilité vouant à un constat d'échec du "système" mais c'est la rigueur du dispositif qui accélère une purge.

Cette purge différée souvent ailleurs avec des collectivités qui se passent le mistigri, qui engagent des procédures souvent manifestement dilatoires  … 

Mais un examen transparent laisserait probablement apparaître beaucoup de "Detroit" qui s'ignorent ou du moins qui ne veulent pas se reconnaître pour d'autres causes ayant produit un effet quasi-identique.

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