Denis Bonzy

Municipales : l’enjeu de la bataille du qui ou celle du quoi ?

Dans la vie courante, qui entrerait dans un restaurant sans connaître la carte des menus ? Qui irait au cinéma sans même connaître les films qui passent ? Qui choisirait une voiture sans connaître la puissance du moteur ? Qui … : pas un acte de la vie quotidienne est déconnecté du contenu même de l'objet de la décision.

Pourquoi la politique serait-elle en France le quasi-seul domaine où les citoyens devraient participer sans connaître le contenu du choix ? 

Aucune élection ne se résume à la bataille du qui portant sur les seuls candidats mais elle vit par la bataille du quoi : le contenu.

Si la présidentielle 2012 avait été l'enjeu de


la liberté face à la crise et non pas celui de l'égalité dans la crise, Sarkozy aurait gagné.
Espoir 22 06 13

Le contenu a toujours construit les choix.

Il est aujourd'hui la ligne de séparation entre la vision passéiste de la politique et la vision moderne de la citoyenneté.

Dans la vision passéiste de la politique, c'est la hiérarchie qui guide. La destination est le pouvoir, d'où la faiblesse éventuelle des programmes. Le chemin qui mène au pouvoir passe par les transactions. 

Autant de repères qui sont à l'opposé de la vision moderne de la citoyenneté où c'est l'esprit d'équipe qui doit conduire les équilibres et non pas la seule hiérarchie. La destination est les actes concrets des améliorations. Le chemin qui mène au pouvoir passe par la qualité des liens qui unissent et non pas par les seuls rapports de forces permanents.

Quand la "bataille du qui" monopolise l'attention, elle éloigne les citoyens de la vie publique. Regardons actuellement la bataille de positions de la majorité sortante PS de Grenoble. Elle n'intéresse personne. Pas un seul citoyen rencontré ne pose une question sur Longevialle, Gemmani …

Les questions qui intéressent sont ailleurs : comment est-il possible d'être centriste en gouvernant avec des communistes ? Qui laisse son identité dans la rencontre ? Comment est-il possible de se présenter contre une municipalité sortante en ayant partagé le bilan et en revendiquant la loyauté la plus exemplaire ? 

Tant que la bataille du qui occupera le devant de la scène, le décrochage de l'opinion est garanti. 

Il faut ouvrir la bataille du contenu pour faire évoluer les lignes.

C'est tout l'enjeu du positionnement de l'opposition locale : rajeunir la politique grâce à une vision nouvelle, rassembleuse, dynamique. Tant que cette étape ne sera pas franchie, la vie politique locale sera bloquée, étriquée, triste.

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