Denis Bonzy

L’Esplanade : le « Grenoblois, on vous trompe » ou l’insatisfaction devenue majoritaire

L'insatisfaction dans l'agglomération grenobloise est aujourd'hui largement devenue majoritaire. Quand hier soir, un responsable associatif lance "Grenoblois, on vous trompe !" lors du débat sur l'Esplanade, il exprime un sentiment qui va bien au-delà de l'Esplanade. C'est le sentiment que le fossé s'est creusé entre les représentants et les représentés. L'attente de démocratie directe n'est pas honorée. La professionnalisation de la politique est très mal perçue. Le fait que la politique soit devenue un métier est un des facteurs jugés comme cause de la dégradation. 

Les mots utilisés sur le terrain révèlent toujours des maux : insécurité, non propreté, chômage, pessimisme, embouteillages … Tout semble crise. 

C'est un climat inédit à ce point.

Mais si l'insatisfaction est devenue largement majoritaire, elle n'a pas encore laissé place à l'espoir de l'alternance pour 3 raisons principales :

1) Culturellement, l'agglomération est installée dans une "mentalité de gauche". Même si le divorce spirituel est consommé avec de très nombreux citoyens traditionnellement électeurs de gauche, ceux-ci peinent à l'assumer politiquement, publiquement. D'où une ambiance impersonnelle d'insatisfaction.
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C'est l'enjeu du réel lancement de la campagne 2014 : des bases qui permettent d'accueillir ces personnes désireuses de nouvelles frontières locales.

2) Le discrédit de l'ensemble de l'offre politique est tel que les intéressés se disent "et finalement est-il encore possible de faire confiance à un politique ?". C'est le second défi du lancement de la campagne. Comment concrètement réhabiliter la notion même d'engagement et de réhabiliter l'esprit de confiance en politique ?

3) Le calendrier : l'actuelle période se prête peu à de fortes mobilisations. Face à la crise, c'est le sauve qui peut individuel. L'intérêt pour le collectif local s'ouvrira à la rentrée de septembre. 

Pour la première fois depuis de nombreuses années est née l'impression diffuse que "l'alternance politique, ça n'arrive pas qu'aux autres".

L'agglomération grenobloise peut la vivre.

Mais pour cela, il importe que les oppositions locales se respectent, soient capables de faire vivre une réelle autre vie publique. Ce sont ces étapes qui conditionneront leur capacité à donner naissance à une volonté de transfert chez les citoyens.

Denis Bonzy

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