Le Parti Libéral Canadien vit actuellement une primaire pour désigner son prochain leader courant avril 2013.
C’est un parti en reconstruction défait depuis le scandale des commandites qui avait poussé Harper (Parti Conservateur) à la victoire en 2006.
Quatre enseignements majeurs se dégagent actuellement :
1) la promesse « nouvelle primaire = nouveau début » = + 15 points d’intentions de votes en faveur du Parti Libéral Canadien.
Depuis avril 2012, le PLC a changé d’image auprès des citoyens. Il a su faire vivre un vrai débat qui a été l’occasion d’une part de faire mieux connaître le bilan de Harper et d’autre part de faire découvrir des alternatives.
2) Le nombre des candidats (9 en l’espèce) n’est pas un handicap à la condition que chaque candidat offre un visage diversifié d’une composante politique. Cette logique de diversité a également été l’ancrage permanent y compris dans la variété des formats des débats.
3) Le mode de vote mobilise tout ce qui est possible pour favoriser la participation. Il est possible de voter sur plusieurs jours et par la quasi-totalité des moyens techniques y compris Internet bien entendu.
4) Toutes les composantes vont ensuite travailler ensemble.
Au moment où des villes françaises tentent de mettre en oeuvre des primaires ouvertes, le décalage entre les repères de telles méthodes et les réalités françaises montre l’immensité des retards de la vie politique française sur le plan national.
Retard dans l’acceptation que chaque élection peut être un nouveau début : ici, tout est figé dans le passé.
Retard dans l’acceptation de la diversité : si plus de 4 candidats étaient en lice ce serait une forme de pagaille, ce qui montre tout le poids culturel de la logique des « candidats providentiels » qui est à l’opposé de la modernité. Cette diversité doit être assumée. Il faut des jeunes, des femmes, des imaginatifs qui donnent un côté festif à une primaire …
Retard dans l’acceptation des nouveaux votes : en France, il faut voter sur un seul jour et par le papier, sinon ce serait la « triche ». C’est une acceptation de dévalorisation des citoyens qui est dramatique.
Retard dans l’acceptation des conséquences de la primaire : là encore la vie politique française semble fâchée avec la diversité.
En Isère, M. Jean Claude Peyrin déploie une énergie remarquable pour tenter de faire vivre les primaires. Il en est de même d’autres responsables publics à l’exemple de M. Pierre Gimel. Mais force est de constater que les instances nationales des formations politiques ne témoignent pas d’un empressement exemplaire à fournir un cadre neuf, clair, solide qui donne ce souffle de liberté au tissu local dans la désignation de ses candidats.
Une fois de plus la société politique française est bloquée dans l’absolu et comparativement elle accepte d’incarner une forme de musée à l’opposé des forces vives qui, elles, tentent de partir à la rencontre de l’énergie des citoyens.
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