Denis Bonzy

GrenobleFactory ou la pub divertissement qui révèle la crise de l’agglo

GrenobleFactory pose quatre questions de fond. Tout d'abord, l'opacité sur le coût supporté par les impôts résume à elle seule le manque de transparence qui traduit une culture inquiétante de propriétaire du pouvoir éloignée des valeurs fondamentales d'une démocratie moderne.

Ensuite,


c'est la question du calendrier. Aux portes de l'ouverture de la période annuelle des comptes de campagne, cette opération publicitaire donne l'impression d'une ultime fièvre d'auto-satisfaction. 

Puis, cette opération publicitaire dégage le sentiment de vouloir corriger le manque terrible de démocratie directe pendant 17 ans. Que les citoyens fréquentent au moins l'isoloir du studio photos faute d'avoir pu fréquenter l'isoloir des votes pour des consultations populaires.

Mais, c'est enfin et surtout la reconnaissance institutionnelle de la crise du leadership qui frappe l'agglomération grenobloise. Une collectivité ne crée pas de lien d'appartenance par la seule ancienneté de présence. Elle crée une fierté d'appartenance par les projets qu'elle porte. Or, ce qui aurait été positif c'est de voir des visages porter des projets pour Grenoble et pour son agglomération.

Voir :

– un étudiant qui explique qu'à Grenoble dans 5 ans il aura créé son entreprise dont il veut faire un leader mondial,
Grenobloise

– une infirmière nous exposer qu'ici, grâce aux liens avec l'Université, la première e-expertise médicale sera expérimentée,

– un senior expliquer que dans 8 ans il aura tous les moyens d'autonomie dans un habitat exploratoire du nouveau siècle,

– un architecte nous présenter le projet de remise en vie du Palais Delphinal toujours fermé et donc en permanente dégradation,

Alors, l'agglomération grenobloise aurait retrouvé le socle de son leadership.

GrenobleFactory est une opération publicitaire qui révèle toute la crise de l'agglo. 

La pub est maintenant détournée par des accroches qui la vampirisent comme si des citoyens, animés de la meilleure bonne volonté probable initiale, pouvaient être moqués, ce qui n'est guère respectueux. Des détournements qui assument d'ailleurs assez bien une culture du passé. C'est cette culture qui devrait être dépassée pour sortir des actuelles impasses.

Mais surtout la pub, dont le détenteur du nom de domaine est une agence lyonnaise, met à la surface son seul sens : divertir.

Ce n'est pas le divertissement qui va remettre en piste une agglo en panne.

Ce sont des actes qui bâtissent un nouveau leadership, qualité perdue bien tristement depuis de nombreuses années, faute de vision, faute d'implication, faute d'émulation.

 

 

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