Le concours des pronostics débute dans les Communes au sujet des municipales de mars 2014. C'est la salle d'attente de l'intérêt de l'opinion publique française. Avant de faire son choix, il est de coutume de s'essayer au choix des … autres.
C'est une étape surprenante. Il ne s'agit pas de "refaire le match" mais de le jouer avant même qu'il n'ait réellement débuté.
Pourtant, au-delà des volets manifestement irrationnels d'une telle période, cette étape des conversations banales est toujours très instructive sur 4 volets :
1) Qui reste indécis sur le résultat pronostiqué ? Le profil de l'indécis détermine le camp qui doute. Dans chaque conversation de ce type, il y a les vrais indécis et les faux indécis. Les vrais indécis sont ceux dont il est clair et établi qu'ils n'ont pas d'ancrage partisan solide. Les "faux indécis" sont au contraire des militants habituels mais désormais en proie au doute. C'est un premier marqueur intéressant.
2) La tendance du sentiment général sur le bilan des sortants ? Cette tendance passe-t-elle rapidement au passif généralisé ou des actifs nuancent-ils l'appréciation globale ?
3) Quel est l'enjeu qui progressivement se détache comme la question à laquelle le vote doit répondre ?
4) Les militants s'expriment-ils vigoureusement ? Les militants du pouvoir sortant défendent-ils avec fougue l'impact négatif d'un changement. Les militants des challengers proclament-ils avec enthousiasme l'absolue nécessité de changer ? Ces expressions commencent à être des indicateurs des mobilisations respectives.
Le jeu des prévisions électorales recèle toujours quelques enseignements très intéressants sur ces 4 volets même si l'échantillon n'assure aucune garantie de réelle représentativité scientifique.
Plus j'ai avancé dans l'expérience des campagnes électorales, plus cette intuition directe m'a accompagné avec solidité. C'est comme le regard des électeurs dans la file d'attente un jour de vote. C'est presque le marqueur assuré de l'indication de la victoire : difficile de regarder dans les yeux celui ou celle pour qui ils ne vont pas voter comme il est difficile de masquer un geste de complicité affectueuse pour "son" candidat …
Heureusement, même avec le progrès des mesures scientifiques, tout cela laisse encore une place importante à l'humain.
Les prophètes de l'après-coup sont très nombreux. Ceux de l'avant-coup le sont un peu moins. Avec l'expérience des campagnes électorales, j'ai pris l'habitude d'ouvrir un petit carnet moleskine sur lequel je note à chaque étape les pronostics entendus et surtout leur motivation.
Avec le recul, la lecture comparée des avis est un vrai moment d'informations.
Depuis hier midi, le carnet 2014 est ouvert. Nous sommes entrés dans la salle d'attente de l'intérêt. Une première étape vient d'être franchie. Les prophètes de l'avant-coup commencent à s'exprimer.
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