Denis Bonzy

Les urgentistes du CHU de Grenoble reçoivent des soutiens nationaux

 Un plan d'actions
sera élaboré au centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble en
concertation avec les médecins urgentistes, ont annoncé mardi dans un
communiqué commun la directrice générale, Jacqueline Hubert, le président de la
commission médicale d'établissement (CME), Luc Barret, la chef de service des
urgences adultes, Françoise Carpentier, et deux urgentistes, suite à la menace
de démission de plusieurs médecins.

Ce plan d'actions sera accompagné d'un calendrier d'exécution et de réunions
d'étapes permettant d'en mesurer les avancées, de façon partagée,
précisent-ils.

"L'ensemble de la communauté hospitalière du CHU de Grenoble est très
attentive à la prise en charge des patients admis dans le cadre de sa mission
d'accueil des urgences" et elle entend "apporter des réponses
adaptées aux demandes formulées par les médecins urgentistes".
Infirmière

Les mesures du plan feront l'objet d'une évaluation qualitative régulière.

Sur l'équipe des 23 urgentistes, 21 avaient menacé de démissionner.

Dans un communiqué diffusé lundi, le Syndicat national des praticiens
hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E) avait apporté son
soutien aux médecins urgentistes "lassés d'alerter leur direction sur les
conditions d'accueil des malades, dangereuses et indignes".

Parmi les dysfonctionnements relayés par le syndicat figuraient les délais
d'attente trop longs pour les personnes âgées ou invalides qui patientent des
heures voire des jours sur des brancards, l'absence totale de confort et d'intimité, la nudité au grand jour, le rationnement des plateaux repas, les difficultés d'accès aux sanitaires et les hospitalisations dans les couloirs des services.

Il évoquait également le manque de lits d'aval dans les services et le nombre
insuffisant de médecins et de soignants (un médecin pour 40 patients
hospitalisés la nuit aux urgences).

Les médecins urgentistes demandent davantage d'écoute, une ligne de garde
supplémentaire, l'ouverture de lits dédiés pour recevoir les patients
hospitalisés via les urgences et l'embauche de personnels administratifs et
paramédicaux pour permettre aux médecins de se concentrer sur leur fonction de
soins, rapporte le SNPHAR-E.

L'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a soutenu lundi dans un
communiqué l'action et les revendications des urgentistes du CHU de Grenoble et
demandé des mesures immédiates et pérennes "pour que médecins et soignants
puissent travailler dans des conditions dignes et que les patients reçoivent
les soins qu'ils nécessitent".

"Une fois de plus nous constatons que le débat national sur la
modernisation des services d'urgences est nécessaire et que la ministre de la
santé [Marisol Touraine] ne le mène pas", a souligné le syndicat.

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