Denis Bonzy

La vie publique française et la triste crise du militantisme

Les récentes difficultés liées à l'élection interne à l'UMP ont mis en relief la question du militantisme dans la vie publique française.

Aujourd’hui, tous partis politiques
confondus
, le nombre global de militants (adhérents ayant payé une carte politique) s’élève à près de 600 000 personnes
soit près de 1 % de la population âgée de plus de 18 ans.

Aucun parti
républicain classique n'a connu une progression de ses effectifs militants ces dernières années :

– le Parti Communiste et le Front de Gauche sont la composante qui a connu la plus forte érosion d’effectifs d’adhérents pour aller
vers 127 000 adhérents cumulés après avoir connu dans les années 50 plus
de 500 000 adhérents pour le seul PCF,

– le PS publie des
communiqués de victoire quand il compte aujourd’hui 230 000 adhérents ce qui
était le chiffre du nombre des adhérents du PS en … 1988. Sous la IV ème
République, la seule SFIO comptait 300 000 adhérents,

– quant à l’UMP, elle
annonce 300 000 adhérents. Au Congrès du RPR de 1984, le seul RPR annonçait … 331
000 adhérents. Or l’UMP c’est en principe le RPR + d’autres courants pourtant importants dont l'ex-UDF. 

Ce constat est grave. Le militantisme est l'un des socles de la vitalité démocratique. 

Il y a là une réalité des chiffres qui mérite un examen attentif.
Obama girl

La France a longtemps critiqué d'autres démocraties supposées passives.

En 2008, les Etats-Unis avec le parti démocrate et MoveOn.org ont donné naissance à un militantisme remarquable, joyeux. C'était "mode" que d'afficher ses couleurs et dans tous les lieux de vie.

C'était "sexy" d'être militant.

C'était triste de ne pas participer à cette fête.

Ici, de très nombreux facteurs peuvent expliquer ce phénomène. La renaissance du militantisme passera probablement, à l'exemple d'autres démocraties comparables, par un militantisme de causes ponctuelles et non plus par un militantisme permanent. Ce nouveau cadre est l'un des enjeux majeurs des prochaines élections locales.

En mars 2014, la victoire appartiendra à celles et à ceux qui auront été capables de faire naître ce militantisme neuf, moderne, frais, sympa, composé d'actes partagés et non pas de discipline coercitive.

Ce nouveau militantisme doit être un souffle de liberté, de considération, d'actions positives concrètes : une fête.

Il doit sortir des chemins habituels. 

Il doit donner une nouvelle jeunesse à des seniors et procurer une première expérience à des jeunes adultes.

Il y a de l'envie à constater les fortes mobilisation de la dernière présidentielle américaine. Même peut-être en France où ce fut le dernier temps fort de militantisme bien qu'il fut en la circonstance à sens unique tant la tendance pro-Obama était alors quasi-unanime.

Vivre des lieux collectifs où les couleurs s'affichent car c'est l'espoir que demain peut-être meilleur.

Croiser des regards qui, même de sensibilités opposées, croient, ont foi dans un demain qui mérite d'être construit donc de justifier un engagement.

C'est ce que nous tentons de préparer au sein du Club 20. Si vous avez des idées, si vous êtes tentés, n'hésitez pas à nous contacter pour participer à notre dialogue : club20@orange.fr 

 

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