Denis Bonzy

La France et sa triste démocratie de musée

Hier soir, les électeurs américains ont eu droit à un vrai face à face : des candidats qui bougent, un format dynamique, des réponses données sans être bloqué derrière un pupitre à lire les arguments rédigés par les collaborateurs pour expliquer que le train va plus vite que … l'avion et que la non-augmentation d'impôts équivaut à une … baisse.

Le débat Obama / Romney a été un vrai débat montrant


le poids des tempéraments, la connaissance réelle des dossiers. Bref, les arguments qui peuvent compter pour donner confiance.

Un débat qui montre aussi la "démocratie de musée" qui est désormais le climat français ridiculisé par trois travers de longue date poussés à l'excès :

1) Les citoyens français aiment les cons : le con fait recette en France comme nulle part ailleurs. C'est la naïveté à la mode permanente. Le "Dîner de cons" a battu tous les scores, seulement dépassé par les … Chtis, autre façon de tourner en ridicule des travers provinciaux. Bourvil, Villeret, Mondy (dans un moindre registre) … ont fait une carrière sur le registre du con. Et quels succès ! Les Visiteurs, Forrest Gump … ont connu en France des succès incomparables ou non exportables pour les Visiteurs. Les "bêtisiers" font une meilleure audience que les émissions d'investigations, ne parlons pas des émissions culturelles. Cette "culture du con" frappe presque tous les domaines. L'article de Parisot hier sur les erreurs fondamentales dans la pédagogie française c'est la dénonciation de cette "prime au con". Parce qu'il y a un moment donné où le con ne fait plus rire. C'est ce que l'opinion publique française commence à découvrir actuellement.

2) Second travers : les faux choix : comment choisir sans connaître les candidats ? Pour les connaître véritablement, il faut des épreuves, des chocs.
Obama romney 17 10 12Hier, ce fut un choc, un vrai débat loin du débat Sarkozy / Hollande. En France, pour une présidentielle, il n'y a qu'un débat et encore il est tellement encadré que c'est une suite de monologues convenus. C'est un décalage pathétique. Faut-il que les citoyens aient aussi peu de considération pour leur démocratie pour qu'ils se contentent de tels usages ? Et encore pour une présidentielle, il y a un débat. Combien d'autres élections se déroulent sans le moindre vrai débat : presque toutes les autres !

3) Ne pas avoir le courage de tirer les conséquences pratiques de cette situation : la France va mal. Très mal. Et elle n'est qu'au début de ses difficultés. Quand on choisit aussi mal celui ou celle qui a vocation à décider ensuite, comment s'en étonner ? Qui peut gagner dans une telle ambiance artificielle , et encore la mode nouvelle consiste désormais à découvrir a posteriori les coucheries qui pouvaient expliquer les "bons papiers" ou du moins les critiques lucides absentes. Sous tous ces angles hier, les Etats-Unis ont donné une leçon de démocratie à la France restée une royauté cousine du rocher de Monaco avec la prétention internationale en plus.

Pendant combien de temps encore ? A quel prix pour les citoyens ?

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