Denis Bonzy

Jusqu’à quand cette « politique des vieux pépés » ?

La vie politique française devient un musée des inerties, des endormissements. Prenons quatre exemples très récents puisque datant d'hier :

1) A Québec, le Parti Québécois voit ses nouveaux députés prêter serment : un renouvellement considérable, une forte présence de membres de la société civile qui il y a encore quinze jours avaient un métier autre que la politique, un serment prêté par un député âgé de 20 ans (Léo Bureau-Blouin). Ce député n'a pas hérité d'une circonscription pour être le "pot de fleurs" d'un parti ouvert à la jeunesse. Il a battu le Ministre libéral délégué aux Finances dans sa circonscription traditionnelle !

Et dans le même temps, en France, la classe politique parle du non-cumul des mandats toujours repoussé, des agences de l'Etat jamais supprimées (rapport de l'IGF), des collectivités locales qui dépensent toujours plus (livre Dosière) … : elle parle mais des actes : aucun !

2) A Ottawa, hier, la rentrée parlementaire est intervenue. Tous les partis politiques sont d'accord au moins sur un point : un seul sujet : l'économie et l'emploi.  Certes les propositions divergent. Mais le sujet reste le même.

En France, on parle de tout sauf de l'emploi et quand ce sujet est abordé, c'est pour "bouffer du patron".

3) Hier Atlantico a levé 2 millions d'euros pour promouvoir des produits d'édition électronique.
Livres atlanticoUn support neuf (Internet) mais aussi un format neuf (du 30 pages) : de l'information qui se consomme par le web en peu de temps !

Sur tous les sujets majeurs de l'information publique et tout particulièrement sur le plan local, les citoyens français ne peuvent pas avoir accès via le web à des informations publiques digestes. Tout est organisé pour que les rapports restent l'exclusivité de techniciens.

4) Aujourd'hui, la primaire UMP : un nombre élevé d'exigence de "parrainages" écarte une course ouverte. Le plus original, les parrainages ont été donnés avant le "débat de fond". En toute logique, il semble naturel de vivre un débat de fond et de parrainer après pour le "grand vote". Non là on parraine et on "voit après". La raison est simple : la primaire est subie. Elle n'est pas vécue comme le souffle d'oxygène qui permet la plus belle compétition, celle qui est ouverte au plus grand nombre.

Sur tous ces dossiers comme sur beaucoup d'autres, la vie publique française est celle des "vieux pépés" : surtout ne rien changer en dehors des mots.

Hier avec Benjamin Piton, l'un des responsables des Jeunes Actifs 38, nous avons eu une réunion de travail très intéressante lors du déjeuner rencontrant une spécialiste de la communication. Elle a transmis ensuite un article paru dans le quotidien Le Monde (12/04/12). A cette époque, il m'avait échappé. Je me permets aujourd'hui d'en reprendre une partie du titre et je vous invite à activer le lien suivant pour le découvrir en totalité : "la campagne de vieux pépés"

Plus cette politique durera, plus l'enfoncement dans la crise sera fort. 

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