La rentrée de septembre 2012 le met en évidence de façon quasi-caricaturale : la logique de consommation a tellement impacté la vie civique que les élus ou les candidats s'adressent désormais à des "segments de marchés" et non plus à une communauté dans son ensemble.
Au Québec, les dernières heures avant le vote de demain sont à la mobilisation des jeunes et des femmes. C'est là le réservoir de la victoire du Parti Québécois.
Aux Etats-Unis, la Convention Démocrate sera essentiellement dirigée vers trois segments : les femmes, les jeunes, les hispaniques. Obama sait qu'il peut encore compter sur la mobilisation de l'électorat noir. Mais ces trois catégories (femmes, jeunes, hispaniques) doutent. Une moindre mobilisation et la victoire pourrait être compromise.
Cette logique a été celle de François Hollande lors de la présidentielle 2012. Il a segmenté toutes les couches électorales et accordé ce qu'elles souhaitaient dans des conditions poussées à l'excès.
Ce fut le cas tout particulièrement à destination des fonctionnaires. C'est son problème de la rentrée. Il a donné là où il fallait retrancher. Il a laissé entendre que les droits acquis seraient préservés voire même augmentés là où l'obligation de corriger la dépense publique imposait une pédagogie des efforts.
Un exemple concret : selon le magazine Capital, les fonctionnaires du Sénat bénéficient d'une prime individuelle de chauffage.
Le magazine économique précise :
"Les fonctionnaires du Sénat sont payés trois fois plus cher que leurs collègues de l’Etat. Cette différence est due, en grande partie, à une ribambelle de primes que leur a attribuées la «haute assemblée» au fil du temps. Ainsi – on ne rit pas – ils bénéficient d’une prime individuelle de chauffage, et comme elle est indexée sur les cours du pétrole, elle est passée de 1 500 euros par an en 2000 à 4 035 euros en 2011. En la supprimant, on rendrait 3,4 millions d’euros par an à la République."
François Hollande et le nouveau Président du Sénat avaient prédit l'exemplarité. Il n'est toujours pas question de la suppression ou du plafonnement de cette prime.
Cette logique de la politique cédant à tous les intérêts catégoriels mène la vie civique à sa perte. Surtout lorsque les bénéficiaires des promesses mettent sur la place publique les promesses reçues et demandent leur respect. La comparaison du contenu de cet inventaire à la Prévert donne alors le tournis et dégage un sentiment d'instrumentalisation désagréable.
Finalement, "il voulait seulement être élu" : c'est le sentiment amer qui domine désormais la rentrée de septembre 2012 en France. Hollande n'était pas le candidat ayant une vision pour l'avenir du pays en temps de crise mais le boutiquier des intérêts catégoriels pour ramener des voix. C'est ce sentiment qu'il faut chasser maintenant.
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