Denis Bonzy

Marc Baïetto et la bataille contre « l’étalement urbain »

L'Albenc accueille ce week-end le 16 ème Festival de la Nature avec la présence de Marc Baïetto, Président sortant de la Métro. La lecture du programme et des thèmes d'interventions est très instructive. Pour l'essentiel, il s'agit de commencer l'explication du combat contre l'étalement urbain. C'est ce thème de "l'étalement urbain" qui a guidé les actes du SCOT de la Région Grenobloise. De quoi s'agit-il ?

Les défenseurs de la bataille contre l'étalement urbain entendent densifier l'habitat. A leurs yeux, c'est la seule méthode pour lutter contre l'étalement urbain. Dans les villes, cette logique pousse à la construction de grands ensembles collectifs. Dans les villages, cette logique conduit à ramener l'habitat au centre des Communes et là où la règle avait été la construction individuelle remplacer la maison individuelle par des immeubles.

La ligne directrice du SCOT de la Région Grenobloise est résumée, assumée, endossée. C'est un premier pas important.
Rues 21 08 12

Depuis le début des années 70, date du premier Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme, ancêtre du SCOT, tous les choix fondateurs se sont avérés erronés à l'usage. Le SDAU de 1975 est devenu une caricature des erreurs : le péri-urbain devait être occupé par des seniors. Il est choisi par les jeunes couples ! 

Pas un schéma directeur n'a échappé à une erreur de fond sur les prévisions des comportements. Ce constat devrait ramener les auteurs à davantage d'humilité.

Mais avec le SCOT de 2012, qui va s'imposer aux PLU (Plans Locaux d'Urbanisme) qui sont les successeurs des POS, c'est une étape nouvelle qui mérite une contestation d'ampleur parce que ce SCOT est un retour à l'urbanisme des années 60.

Il introduit trois conséquences graves :

1) Une sélection sociale entre ceux qui vont subir l'habitat densifié et ceux qui auront encore le choix pour l'habitat à taille humaine. Puisqu'il déséquilibre le rapport habituel entre l'offre et la demande en matière d'habitat à taille humaine par la raréfaction de ce dernier, la hausse des prix devient inéluctable. Or, cette sélection sociale avait été atténuée ces dernières décennies par la diminution des superficies nécessaires pour construire dans de nombreuses Communes.

2) Il tourne le dos à la réalité du marché : la maison individuelle demeure un "rêve" pour de nombreuses personnes ou, faute de maison individuelle, les habitats collectifs de petite dimension. 

3) Il n'a pas intégré les enseignements d'habitats collectifs densifiés. 

4) Il modifie en profondeur le développement de Communes péri-urbaines en introduisant des suppressions de droits à construire dans des espaces hier autorisés et introduit donc une insécurité juridique qui va accélérer les ventes avant que la réforme ne soit en vigueur.

C'est surtout une logique doctrinaire qui est intolérable.

La collectivité qui veut imposer une seule voie de développement ne respecte pas la liberté individuelle qui repose sur le choix, la libre décision du grand nombre. Cet autoritarisme a déjà produit des monstruosités en matière d'habitat. 

La bataille contre ce SCOT autoritaire sera l'un des grands dossiers des prochaines élections municipales. Ceux qui sont attachés au confort de vie, au droit de propriété dans les petites Communes, à l'urbanisme à taille humaine, à la possibilité d'accès pour chacun à une maison individuelle si c'est le choix d'un couple … doivent défendre ces libertés qui sont les marqueurs de cette bataille contre ce que les défenseurs du SCOT appellent "l'étalement urbain".

Il y a là une collectivisation des choix de vie qui est une illustration de plus d'un urbanisme doctrinaire qui hier a eu pour cheval de bataille la lutte contre l'automobile et qui désormais est passé à une nouvelle étape : l'habitat.

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