Une fois de plus ce soir, Grenoble fera la « une » de l’actualité nationale non pas pour une avancée touristique, économique, culturelle mais comme symbole d’une violence urbaine intolérable. Un vendredi d’août, en plein centre ville, il est possible de perdre la vie au hasard d’une balle perdue lors d’un braquage d’une violence de guerre.
En avril 2010, l’opinion avait appris qu’il était possible de perdre sa santé pour une cigarette refusée déchaînant une violence inédite par un vendredi soir en plein centre ville déjà.
En juillet 2010, la « une » était assurée pendant plusieurs jours comme caricature de violences urbaines sans précédent.
La Capitale des Alpes, qui devrait être l’emblème du bien être au coeur des montagnes, devenait en quelques semaines une ville à éviter.
Cette situation est une triste réalité qui choque, qui inquiète, qui révolte.
Cette réalité choque, parce qu’elle n’est que l’issue de nombreuses alertes toujours restées vaines. Cette réalité d’aujourd’hui est en effet à replacer dans un contexte plus général : restaurants incendiés, vols quotidiens sur-multipliés dans l’ensemble de l’agglomération…
Cette réalité inquiète, parce qu’il s’agit d’une escalade qui produira inévitablement l’irréparable : le décès d’innocents, victimes collatérales d’une violence urbaine qui peut naître dans n’importe quel quartier à n’importe quel moment. Une escalade qui a rendu incompréhensible l’exclusion de cette localité du récent plan gouvernemental des zones prioritaires de sécurité.
Cette réalité révolte, parce qu’elle traduit une insuffisante mobilisation de chaque instant de la part des autorités locales : des effectifs insuffisants, des moyens matériels insuffisants, surtout des actes insuffisants derrière les permanentes déclarations lénifiantes.
La violence est désormais partout dans l’agglomération grenobloise qui est devenue un anti-modèle.
Le chômage, et l’exclusion sociale, qui en résulte est trop élevé face aux atouts locaux.
Le tissu urbain trop densifié crée des déséquilibres dangereux.
L’exemplarité dans le respect de l’ordre public a été trop souvent baffouée dans des conditions gravissimes.
C’est toute une logique de développement urbain qui s’écroule.
C’est une forme de descente aux enfers dont les habitants sont les premières victimes.
Il est temps que la sécurité, première des libertés, retrouve la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter.
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