Denis Bonzy

Eau de Grenoble : interrogations sur l’adhésion de la Métro à l’Alliance France Eau Publique

Vendredi 6 juillet 2012 au Conseil général des Landes à Mont de Marsan a été lancée officiellement l'Alliance France Eau Publique. Sous l'autorité d'Henri Emmanuelli, cette structure vise à établir un rapport de forces sur les conditions de gestion de l'eau. 14 collectivités sont les "membres fondateurs" dont la Métro aux côtés du Sydec, de la Ville de Besançon, de l'agglo des lacs de la Vienne … (photo ci-contre : étang Barbier au sein de la zone de captage de Rochefort : eau de Grenoble).Etang barbier 2

Cette adhésion est passée localement sous silence. Elle mérite pourtant une attention vive.

1) Cette Alliance vise-t-elle à mettre en oeuvre des actions identiques à celles d'Henri Emmanuelli, son principal fondateur, à la tête du Conseil général des Landes ?

Si c'est oui, cela signifie rapidement la différenciation des aides publiques selon le régime juridique de gestion de l'eau et de l'assainissement. C'est une donnée nouvelle importante pour les Communes et les contribuables de l'agglomération grenobloise.

En juillet 2011,


le Département des Landes est allé devant le Conseil Constitutionnel pour défendre cette logique de différenciation qui passe par l'arrêt des aides publiques si la gestion n'est pas en régie. La décision a rebondi dernièrement devant le Tribunal Administratif de Pau. C'est une restriction nouvelle considérable dans la mise en oeuvre du principe de la libre administration des Communes.

2) Cette Alliance va-t-elle promouvoir la transparence appliquée aussi aux comptes publics ? Si c'est oui, c'est une évolution considérable par rapport aux pratiques du Sydec 40 (organisme satellite du CG 40) où il est impossible de connaître de façon détaillée les coûts des interventions, les critères et surtout les conditions de maintenance des réseaux.

Le Sydec 40 comme le CG 40 sont entrés dans une logique dogmatique inspirée par les thèmes de Danièle Mitterrand avec son association France Libertés : la gratuité de l'eau comme richesse naturelle propriété de tous. 

La seule façon de servir la cause de l'eau c'est non pas de procéder par de grandes déclarations incantatoires mais par des mesures pratiques à l'exemple de :

– la qualité des réseaux pour éviter des fuites qui gaspillent la ressource. Là aussi, la logique des tenants de France Libertés est parfois stupéfiante. Ils ne défendent pas l'objectif de la qualité des réseaux au motif que l'eau retournant à la nature, ce ne serait pas un problème. Sauf qu'entre temps, c'est souvent de l'eau traitée pour être propre à la consommation ce qui n'était pas son état "naturel",

– la pédagogie sur la consommation tout particulièrement à destination des enfants,

– la réalité du coût de l'eau pour que ce coût permettre de faire vivre des structures publiques et privées dans des conditions de bon fonctionnement du service comme de bonne maintenance des investissements,

Un service a toujours un coût. Si ce service n'a plus de prix, qui supporte le coût ? Les contribuables. Mais le coût du service ne disparaît pas avec la réduction voire la suppression d'un prix !

Dans de nombreux domaines, la France paraît engagée dans une compétition très particulière : celle des mots. Des mots de professionnels de la politique déconnectés des réalités concrètes et qui considèrent que leur métier serait non pas de gérer mais de gagner des voix. Ces deux critères éloignent considérablement de la raison nécessaire.

Il serait quand même souhaitable que la Métro s'explique sur cette adhésion qui est passée localement sous silence.

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