Denis Bonzy

Vie politique : naissance d’un rythme nouveau

Les élections récentes dans des pays comparables à la France montrent, à l'exemple hier du Mexique (voir vidéo ci-dessous du nouveau Président), la naissance d'un rythme nouveau sous l'impact de quatre facteurs :

1) La crise use de façon manifestement accélérée : l'opinion consomme les Gouvernements avec des cycles courts car la crise économique et financière aiguise les besoins de revanches qui se manifestent alors par les urnes.

2) Au-delà de la crise, l'exposition médiatique permanente amplifie cette usure : rester en forme tous les jours dans le cadre d'une telle exposition médiatique, c'est mission impossible. D'ailleurs l'actuel Gouvernement Ayrault semble avoir changé de stratégie à ce sujet par rapport à la "communication Sarkozy". Les ministres sont moins immédiatement scotchés à un évènement. Est-ce un bon choix ? Pas sûr, l'opinon peut y voir une forme de vide. Il faudra suivre les sondages dans les prochains mois.

3) La perte de confiance par la perte de sens : la crise impacte d'abord des réalités matérielles (finances publiques, impositions, aides sociales …) mais surtout elle impacte plus gravement le sens même de certaines fonctions publiques les montrant terriblement limitées par rapport à l'international et à l'économie. Dans des pays à forte tradition étatique, c'est une réelle remise en question culturelle que cette image nouvelle d'impuissance.

4) Pas d'espace pour du territorial neuf : à cet égard, l'exemple de la France est intéressant. C'est l'examen des transferts d'espoirs. Au début des années 80, l'Etat est déjà en crise. Mais l'opinion espère dans la décentralisation. En 1986, l'opinion se laisse aller au flirt avec le libéralisme avec un Gouvernement qui compte un Ministère des … privatisations. La déception est vite là et en 1988, coup de barre à gauche. Puis nouveau coup de barre à droite en 1993, correction en 1997 … et ainsi de suite jusqu'en 2002. La séquence 2002 – 2012 sera d'une originalité forte puisque l'opinion va découvrir deux changements nouveaux. Au sein du pouvoir national, l'élection de Sarkozy en 2007 était le "changement à l'intérieur de la majorité d'alors". C'était le rebelle face au pouvoir présidentiel sortant. La majorité avait "inventé" le changement en son sein.

Pour les élections locales, elles trouvaient une nouvelle vocation : le changement face au pouvoir national. En 2008, le critère du changement politique par rapport au pouvoir national est arrivé à égalité avec les critères de simple gestion locale. Il n'y a pas de raison pour que 2014 échappe à cette logique de l'usure accélérée du pouvoir en place. Il y a seulement deux inconnues : l'ampleur et les bénéficiaires de la naissance de ce rythme nouveau.

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