Quand le système politique grenoblois actuel aura pris fin rendant de la liberté d'esprit à des observateurs qui ne seront plus des obligés à des titres divers, il est un domaine qui suscitera beaucoup de critiques sur les dernières années : la disparition des arbres dans la ville de Grenoble.
C'est une situation qui sera alors présentée comme un réel scandale inédit.
1) Tous les arbres détruits sont
une insulte au patrimoine naturel historique. En quelques années, des pelles mécaniques ont balayé des décennies de nature. C'est un choix gravissime.
2) C'est une situation qui ne respecte pas le passé mais qui ne respecte pas davantage l'avenir. Toutes les autres villes modernes organisent des programmes de plantations d'arbres. Pour s'en tenir à la seule semaine passée, Montréal a présenté un programme historique de plantation de 300 000 arbres avec des accords de partenariat avec des propriétaires privés. C'est une mobilisation générale. Quelques mois auparavant, Toronto avait fait de même pour s'en tenir à ce seul Etat fédéral.
3) Une ville qui ne respecte pas la place des arbres sur son territoire est une ville sans âme. Comment expliquer cette situation appliquée à Grenoble où les arbres sont détruits dans des proportions historiques : Parc Paul Mistral, cours Jean Jaurès … ? Il n'y a plus de débat ni de projet sur la qualité de vie dans l'agglomération. Tout est organisé pour imposer une seule grille de lecture : la vision partisane des choix : gauche / droite.
Cette vision est censée occulter tous les autres choix et ce dans un manichéisme digne des pires heures sombres d'une démocratie.
La gauche est glorifiée en permanence pour ce qu'elle fait même quand c'est manifestement insipide. Elle est "oubliée" quand ses erreurs ou ses fautes sont pourtant manifestes et graves.
A l'inverse, à quelques exceptions près, la droite est caricaturée, divisée, inefficace. Il faut dire qu'elle y met du sien pour être en difficulté. Elle se présente à des combats électoraux dans une inorganisation logistique coupable. Des collaborateurs dans des Institutions publiques ont trop perdu le sens du travail depuis de nombreuses années et laissent des candidats seuls sauf s'ils appartiennent à des clans liés par des relations personnelles.
Des élus ont perdu le sens de l'opposition. Certains arborent même comme décorations les défaites permanentes qui deviendraient le passeport pour des conquêtes toujours repoussées. Il y a même aussi des "mystères" qu'il faudra bien clarifier. Ainsi, un exemple parmi beaucoup d'autres, il faudra quand même un jour disposer d'une explication sérieuse sur la raison pour laquelle la gauche fait des scores records sur certains territoires lors de consultations nationales mais devient "incapable" de trouver un candidat sérieux … de gauche pour une consultation … locale.
Ce système est presque devenu une caricature de tous les dangers de la décentralisation à la française quand le rapprochement du pouvoir des citoyens est d'abord une niche à clientélismes quasi-généralisés. C'est la disparition de la notion classique d'Intérêt général. C'est la disparition des débats sur des sujets de fond là où la raison et l'impartialité devraient occuper la première place.
Les conditions scandaleuses de l'enquête dite "publique" sur le SCOT resteront dans les annales de cette décentralisation parodique qui se gausse de la vertu de mots abstraits mais qui est délibérément incapable de partager le pouvoir avec le peuple, incapable de démocratiser des choix, incapable de parler vrai sur les véritables décideurs d'un tel projet.
Une ville qui tue des arbres n'est plus une "belle ville". Il en est de même pour le reste de l'agglo où le mimétisme sévit si pitoyablement. Ce sont des changements de ce type qui méritent la mobilisation pour se libérer des rapports de forces partisans qui sont les "réserves modernes d'indiens". Au-delà des arbres, c'est bien un enjeu global de citoyenneté qui est en cause.
Laisser un commentaire