Les présidentielles 2012 ont mis en évidence des dysfonctionnements majeurs. L'égalité des temps de paroles tue les débats dans la dernière ligne droite, voire même les reportages. Les sondages sont interdits avant 20 heures sur les médias français le jour du vote mais disponibles dès 17 heures sur les médias suisses ou belges, donc diffusés en France notamment via Twitter ou Facebook. La liste des "décalages" est longue (parrainages, financements, intégration des collaborateurs des collectivités locales …).
Il en est de même pour les législatives. C'est tout un système politique qui est décalé, dépassé, à bout de souffle.
La multiplication des candidatures : des micro-partis qui sont souvent à la quête des financements publics sur les 5 ans avant même la défense de convictions.
Les débats contradictoires : ils disparaissent progressivement comme si l'élection était l'arrivée en gare de candidats aux chemins parallèles qui ne se croisent jamais. Et quand un débat intervient, ce sont souvent des critères arbitraires qui en fixent la composition des participants. Prenons l'exemple du débat DL / FBI sur la 1ère circonscription de l'Isère hier. Piolle est invité pour les écolos mais Mireille d'Ornano (FN) est absente. Il en est de même pour le Front de Gauche. Aux présidentielles, les écolos ont fait 5% dans la circonscription concernée et le FN le double. Mais il s'agissait probablement de faire un équilibre entre la droite (Peyrin + Tardy) face à la gauche (Fioraso + Piolle). Sauf qu'à droite, les échanges retranchent tandis qu'à gauche ils s'ajoutent.
Les programmes : soutenir ou s'opposer au Président élu il y a 60 jours seulement. Quel programme ! C'est la négation même de l'Institution du Parlement que d'exister ainsi en adhésion ou en opposition.
Les Français de l'étranger : une invention qui tourne au ridicule des candidats dont le territoire va parfois de Kiev à Saïgon alors qu'hier l'un d'entre eux était plus simplement député du … Vaucluse. Sur le fond, c'est aussi une logique de "mandat quasi impératif" bien éloignée de la logique constitutionnelle de base.
…
C'est tout un système politique qui est à bout de souffle, entre deux âges. Il fait toujours comme hier mais, dans les faits et dans la tête des citoyens, c'est déjà demain.
Ce système parle de réformes mais il ne l'applique pas d'abord à lui-même.
Il est tombé en désuétude, voire même dans le ridicule le plus manifeste mais les premiers intéressés ne veulent pas voir.
C'est un triste spectacle donné par la démocratie française sur le premier semestre 2012 que ce système politique qui tourne à vide et qui crée un désenchantement généralisé sauf celui des professionnels du système qui semblent bien indifférents à toute réforme sérieuse.
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