Denis Bonzy

Lycée Mounier de Grenoble ou quand la politique doit changer d’âge

Les rebondissements permanents sur le devenir du Lycée Mounier créent une ambiance violente qui est à l’opposé d’une démocratie locale claire, apaisée, rationnelle.

Une démocratie claire, c’est


un débat où chaque partie prend ses responsabilités en exposant les choix possibles et en assumant les conséquences de la priorité proposée. Dans ce dossier, pour la quasi-totalité des intervenants publics, il n’est pas question de démocratie claire mais de mistigri : passer la carte délicate à un autre intervenant de la chaîne de décision. C’est une situation qui n’a que trop duré. Pour l’ensemble de l’agglomération grenobloise, une carte pluri-annuelle des lycées devrait être disponible donnant la visibilité à terme de 10 ans avec les moyens financiers qui doivent être consacrés en conséquence. Une carte des lycées n’est pas le jeu des rapports de forces mais une vision dans l’aménagement de l’espace avec des services publics de proximité dont les lycées.

Pour être apaisée, la démocratie doit « changer de sexe ». Elle doit intégrer davantage de valeurs féminines : sens pratique, modestie, pacifisme, douceur … Cet actuel « jeu de muscles » entre les prinicpaux intervenants publics amènent à une seule issue : le pouvoir de dire non. Quand l’action se résume à ne pas … faire, une communauté est loin du progrès.

Le progrès passe par une amélioration de la rationalité. La rationalité c’est le rapport entre une valeur (l’enseignement) et les finances dans leur globalité. La chaîne scolaire dans son ensemble doit être réaffirmée comme une priorité absolue. C’est l’égalité des chances par le mérite et non pas par la simple reconduction d’inégalités familiales matérielles ou culturelles. C’est la solidarité d’avenir. Les établissements scolaires (tous échelons confondus) n’ont pas actuellement dans l’agglomération grenobloise les efforts financiers qu’ils méritent. 

Il faut évoluer vers des équipements de petite taille, ayant une vocation de service public de proximité, se situant dans un projet collectif plus global incluant les temps extra-scolaires. 

C’est un pan de services publics qui mérite une revalorisation d’ampleur dans les choix financiers. C’est parce que la société aura offert toutes les chances de réussite au démarrage qu’elle peut compter sur de la fluidité sociale mais aussi demander ensuite à autrui de respecter un cadre qui avait été une chance pour un parcours individuel efficace. 

Les collectivités publiques locales devraient se désengager d’actions très dépensières dans des domaines éphémères ou commerciaux pour mobiliser tous les efforts financiers pour des services publics fondamentaux. Sur tous ces points, la crise du Lycée Mounier montre que la politique doit changer d’âge pour vivre des décisions dans un cadre totalement différent.

Ils sont fous ces "Mouniers"! par mounierpamplemousse

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