Denis Bonzy

Le retard des collectivités locales de l’agglo à l’ère des médias sociaux

Après plusieurs mois de travaux, un groupe de travail sur les médias sociaux et le Gouvernement du Québec vient de rendre un rapport d'un extrême intérêt. Il propose notamment que toutes les données des ministères et organismes soient publiées sur un portail unique qui relèverait de l'Institut de la statistique ou de la Bibliothèque Nationale.

Ce rapport vise à faire un "Gouvernement ouvert" après avoir


constaté, chiffres à l'appui, que les internautes québécois avaient connu, toutes catégories d'âges et sociales confondues, une percée sans précédent pour atteindre un taux élevé atteint par aucun autre support d'informations.

A de très nombreuses reprises, l'agglomération Grenobloise se vante "être en avance" en matière de nouvelles technologies. Le retard des collectivités locales pour fournir une administration de proximité ouverte et transparente est l'illustration d'une volonté d'opacité. Il y a encore beaucoup de sites Internet où accéder facilement à des délibérations est impossible dans les faits. Les organigrammes des services sont incomplets ou s'en tiennent aux seuls postes des principales responsabilités.

Cette situation vérifiable par chacun traduit une mentalité de "propriétaire" du pouvoir qui s'est trop développée au fil des dernières années. C'est une culture de "l'élite locale" qui creuse un fossé entre ce que les "initiés" savent et ce que les citoyens ou les contribuables ne doivent pas savoir. Qu'un Conseiller Général ait à saisir le Président du Conseil général et / ou le Préfet pour disposer de la liste des membres du Cabinet de cette Institution est une situation d'un archaïsme absolu. Qu'il faille solliciter des expertises pour connaître la situation financière de structures publiques est un décalage "hors du temps" alors même que tout devrait être en ligne.

Ce n'est pas seulement une erreur qui en dit long sur la mentalité des pouvoirs mais cette réalité peut devenir le creuset d'un divorce plus profond lorsque certaines réalités chiffrées vont s'installer au coeur des prochains débats électoraux locaux. Car l'opinion va alors disposer d'une grille de lecture différente : il ne s'agissait pas d'un retard technique mais d'un choix politique pour la tenir à l'écart d'informations dans l'utilisation même des impôts locaux. 

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