Denis Bonzy

Caserne de Bonne à Grenoble : un éco-quartier ou un ego-quartier ?

Le « nouveau quartier de Bonne » à Grenoble est en crise. Il suffit de s’y rendre et de parler avec les commerçants. Ils sont étranglés par le coût du loyer. Il manque les « enseignes locomotives » initialement annoncées. Il manque même


des commerces classiques de proximité comme un buraliste tout simplement. Cet hiver, compte tenu des contraintes environnementales imposées, il faisait parfois moins de 15 °c dans certains commerces. Or, si on rentre boire un café, c’est pour se réchauffer, pas pour se refroidir… Les dépôts de bilans se succèdent créant des situations financières personnelles parfois dramatiques.

Cette réalité des faits impose 4 mesures :

1) Ne pas confondre les eco-quartiers et les ego-quartier. Les premiers devraient être agréables à vivre, commercialement performants. Les seconds naissent pour flatter l’égo de ceux qui n’y vivent pas : politiques, architectes … Il ne devrait pas y avoir de place pour les seconds qui rélèvent d’expérimentations souvent sans responsable dès que le premier échec se manifeste.

2) Il importe de modifier le montant des loyers comme les conditions pratiques de fonctionnement pour dynamiser les commerces et leur donner un ballon d’oxygène.

3) Au titre de l’égalité des entrepreneurs dans l’agglo, la Ville de Grenoble doit actionner un dispositif de garantie d’emprunts pour neutraliser l’impact de cautions. D’autres entrepreneurs en bénéficient sur Grenoble. L’égalité doit régner face à ce dispositif porté par la dépense publique donc par l’impôt de tous.

4) A la lumière de cet échec, d’autres projets comme celui de l’Esplanade doivent être révisés pour ne pas constituer à leur tour des ego-quartiers difficiles à vivre dans le temps.

 

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