Denis Bonzy

Vers un effet 3 janvier …

Le score de Rick Santorum porte des enseignements qui dépassent largement la seule primaire républicaine et les seuls Etats-Unis. Il y avait déjà un message particulier le 3 janvier 2008 quand l'Iowa, Etat rural composé de blancs à 96 %, avait alors placé Barack Obama en tête avec 38 % des suffrages contre 29 % à Hillary Clinton. Le message était clair : l'opinion américaine était prête à connaitre son premier Président métis apportant un élan de nouveauté et une place nouvelle à l'idéal face à la rudesse pragmatique d'Hillary Clinton.

Aujourd'hui, le score de Santorum peut également porter des messages forts. Le site d'informations en ligne exprimeo.fr évoquait cette perspective dès hier matin (info d'hier matin) à partir d'informations émanant de l'équipe de Mitt Romney. Cette perspective, aujourd'hui confirmée, est riche de 4 enseignements :

1) La fragilité des sondages quand leur présentation s'éloigne de l'énoncé de chiffres clefs dont le montant des indécis. 41 % des sondés indiquaient dans la dernière semaine pouvoir "encore changer d'avis". En 15 jours, Santorum est passé de 3 % à 10 % puis à 15 % pour terminer à 25 %.

2) Le nouveau profil de crise : Santorum c'est l'amitié de proximité, le "friends and neighbor's effect". Il a connu des épreuves. En novembre 2006, il prend une raclée électorale et perd son mandat. Puis, épreuve encore terriblement plus conséquente et lourde, il perd un enfant en bas âge. Et pourtant, il est toujours là. En temps de crise, quand les épreuves sont partout, il sait ce dont il parle !

3) C'est l'ignoré des médias : il en avait même tiré dernièrement une vidéo pleine d'humour et d'auto-dérision. Mais par ce fait, il n'appartient pas à l'establishment et les citoyens l'ont reconnu comme l'un des leurs.

4) C'est une vision globale des Etats-Unis avec des valeurs simples et non technocratiques. La place du religieux est globalement très forte mais c'est la culture de ce parti politique. Pour le reste, c'est la reconnaissance des héros du quotidien : ceux qui luttent et qui mériteraient d'être mieux considérés.

Il y a eu un effet 3 janvier 2008 car Obama a fait naître une nouvelle logique de campagne. Existera-t-il un effet 3 janvier 2012 ? Trop tôt pour le dire, mais il y a des marqueurs à suivre de très près y compris pour la présidentielle française car cette sanction de l'establishment peut y trouver d'autres traductions politiques.

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