Denis Bonzy

Présidentielles, législatives, municipales … : comment réguler la saine diversité ?

Aujourd’hui, le temps de la décision est ouvert dans l’Iowa pour des citoyens de sensibilité républicaine. A Des Moines, Sioux, Davenport, Iowa City, Waterloo, Ames … : les citoyens vont s’exprimer et faire le choix. Ce processus fait partie de leur histoire politique. Ce n’est pas parce qu’il est pratiqué aux Etats-Unis que ce dispositif serait bon. Mais ce n’est pas davantage parce qu’il n’est pas pratiqué en France que ce dispositif serait mauvais.

En réalité, l’enjeu de réguler la diversité donc la multiplicité des candidatures est une étape déterminante dans une démocratie moderne. Pour choisir le moins mauvais des dispositifs, il faut s’en tenir à des règles simples :

1) La démocratie, c’est d’abord le pouvoir des citoyens. Par conséquent, toute procédure de désignation qui s’éloigne des citoyens est inquiétante. Prenons l’exemple des parrainages pour la candidature des présidentielles, qui peut soutenir que le filtre de 50 000 parrainages de citoyens serait moins démocratique que celui de 500 élus ?

2) La diversité est une chance pour une démocratie. Elle doit donc être favorisée. Tout l’enjeu consiste à ce que le filtre de la sélection soit juste. Aux Etats-Unis, le filtre de la sélection est assuré par l’indiscutable représentativité liée au nombre cumulé des votants : plusieurs dizaines de millions de votants à l’issue. En France où l’enjeu de la « taille critique » est différent, il importe probablement de déterminer par échéance un seuil de représentativité pour sortir de coteries obscures où les manoeuvres de coulisses détourneraient l’esprit de la consultation.

3) L’étape des primaires est le retour à la base. C’est le moment où le citoyen croise les candidats au coin de la rue. Là aussi qui peut sérieusement défendre que la réduction du temps de débat démocratique serait une avancée pour la qualité d’un choix ? C’est une forme de manoeuvre qui consiste à réduire l’espace du débat donc la vie de la concurrence.

4) Cette logique de la primaire régulée par les citoyens au coeur des parrainages comme au coeur des votes changerait totalement la donne. Villepin, Juppé, Morin, Borloo … auraient vécu la primaire interne à la majorité présidentielle dont ils sont membres. Et si Nicolas Sarkozy avait remporté cette primaire, le respect de ce verdict démocratique les aurait conduit à se ranger derrière lui dès le premier tour du scrutin présidentiel.

5) Que montre le décalage entre de telles perspectives et la réalité actuelle : pour une partie importante de citoyens qui ont voté pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour de 2007, la déception naît essentiellement de deux facteurs : son style et l’absence de réformes majeures. Le style bling bling des premiers mois de Présidence a donné le sentiment amer de tromperie sur un tempérament quand le yacht de Bolloré remplaçait le monastère corse pourtant promis pour faire le point avant la prise de fonction. Mais c’est aussi l’absence de réformes de ruptures sur la vie publique. Les modalités de désignation des candidats sont toujours les habits usés d’une vieille monarchie qui recherche ses candidats de droit divin en les parant désormais d’autres critères. C’est un système malsain qui n’a que trop duré déjà.

 

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