Denis Bonzy

Grenoble agglo : faits majeurs 2011 : Michel Destot et le faux jour d’après

Sans esprit partisan ni polémique, il importe de constater que le bilan 2008-2014 est pour l'instant un bilan maudit pour Michel Destot pour trois raisons principales.

1) C'est le bilan des défaites. Il suffit qu'un projet soit porté par la Ville de Grenoble pour qu'il … perde. Ce fut le cas des JO 2018 : défaite et de surcroît à une place inconcevable. Succession de Didier Migaud à la Métro : défaite. Qualité de vie et sécurité à la Villeneuve : défaite. Composition de la liste PS aux sénatoriales en Isère : défaite. Reprise du club GF 38 : défaite. Soutien à Martine Aubry dans la primaire PS : défaite. Pour l'opinion, tout n'est que défaites successives. Au sein même du PS local, cette réalité fait l'objet de "petites blagues" largement répandues ou de railleries même considérablement plus agressives.

Cette réalité a impacté l'opinion. L'idée de la "défaite collective" s'est installée avec le dossier des embouteillages qui est la traduction quotidienne d'un échec dans la prévision de l'adaptation des voies et modes de déplacements aux flux des populations.

2) Cette situation est née d'un climat de ouate qui a coupé les élus Grenoblois et ceux de la Métro de réalités. La presse fonctionne sur la base d'une réthorique simple : un sujet, un verbe et un compliment. Les campagnes électorales sont ramenées à une étape administrative sans débat public contradictoire. L'espace temps de la campagne électorale est en effet totalement écrasé par les médias locaux qui font des présentations de synthèse où les commentaires tiennent lieu de bilans des courses avec des pronostics très souvent à sens unique. Dernier exemple en date, l'interview de Geneviève Fioraso avant la coupure de Noël. Que dit l'intéressée : "je vais incarner l'exemple du non cumul des mandats parce que je ne serai pas candidate à un mandat local en 2014". C'est une phrase "terrible" car elle sous-entend que la victoire aux législatives de juin 2012 va de soi. Pour ne pas cumuler en 2014, il faut par définition avoir gagné en 2012, car en cas de défaite en 2012 la question du cumul ne se pose plus en 2014. Et pas un journaliste ne pose la question de savoir ce que ferait Geneviève Fioraso en 2014 si elle avait perdu en 2012.

Second volet, elle se félicite de ne pas respecter un engagement national de non cumul qui devrait être appliqué dès 2012 et non pas en 2014. C'est donc tout sauf un progrès par rapport à la ligne nationale du PS. Pareil : pas une remarque.

Quand les mots deviennent aussi déconnectés des réalités, le mal est profond. Il y a un climat de Cour en surface qui a considérablement altéré tout esprit critique mais également le moindre recul d'indépendance d'esprit.

3) Michel Destot a ouvert de façon étonnante la question de sa succession. La situation est connue : c'est un sujet à pratiquer mais à ne surtout pas annoncer. La succession se vit dans l'instant, elle ne se programme pas sans calendrier. Le "jour d'après" appartient désormais aux débats locaux. Mais c'est un faux jour d'après. D'abord parce que le principe de la succession est désormais contesté. Ensuite, parce que la succession serait la plus stricte continuité dans l'hypothèse de Jérôme Safar. Enfin, parce que les citoyens de l'agglomération ne se posent pas les questions de carrières mais attendent des solutions pratiques. Or, en la matière, le jour d'après est nécessairement lointain. Mais ce dossier alimente lui aussi le climat virtuel qui semble désormais caractériser la vie politique locale. Un climat qui  n'impacte pas seulement les seuls cercles rapprochés du PS local car, à constater le fonctionnement de certains réseaux de cette structure, il semblerait même que le PS en soit désormais à adouber son opposant (Matthieu Chamussy) pour 2014. Preuve si besoin était, dans le cas de la poursuite de telles indications, que le supposé "laboratoire grenoblois de la démocratie" serait devenu une bien inquiétante "salle blanche de la pensée unique" …

Commentaires

Une réponse à « Grenoble agglo : faits majeurs 2011 : Michel Destot et le faux jour d’après »

  1. Avatar de Patrick
    Patrick

    Excellent

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