La semaine dernière, la SEC aux Etats-Unis a souhaité que les dirigeants de Freddie Mac et de Fannie Mae soient exposés à des sanctions composées notamment de pénalités et de restitution de rémunérations provenant de gains illicites.
Ces deux établissements avaient manifestement menti dans la présentation de leur exposition aux subprimes (des hypothèques à risques). Dans le détail, par exemple, pour la période de décembre 2006 à juin 2008, la société Freddie Mac avait déclaré une exposition risquée à hauteur de 6 milliards de dollars. Ce montant est monté à 244 milliards de dollars d'hypothèques risquées.
Ces inexactitudes dans de telles proportions relèvent du mensonge et non plus de
la correction technique. Est-il possible que des mensonges de cette ampleur soient "épongés" par les contribuables sans la moindre suite concrète ensuite pour les coupables ?
Le système bancaire traversera-t-il la crise en étant renfloué périodiquement sans que la moindre responsabilité ne lui soit imputée ? La crise bancaire deviendrait la "faute à malchance".
C'est une situation qui non seulement n'est pas juste mais surtout qui n'est pas saine dans le temps. Elle n'est pas juste parce que le faible est emporté par la crise et comme contribuable il renfloue le puissant qui s'était enrichi au passage par des agissements graves dont il ne répondrait jamais ni comme institution ni comme personne privée souvent bénéficiaire de recettes énormes.
Elle n'est pas saine parce que, en l'absence de responsabilités claires et lourdes à l'issue de procédures pleinement respectueuses du contradictoire pour bien établir les vices d'un système à corriger, les fautes ont vocation à être reproduites.
C'est une situation étonnante où l'opinion accepte l'inversion de la hiérarchie des responsabilités. Normalement, c'est aux plus puissants de "donner l'exemple" car leur responsabilité est la juste contrepartie du pouvoir assumé et des avantages notamment matériels retirés. Là, c'est la logique inverse qui s'installe de façon anodine.
C'est très surprenant de voir qu'en France la crise, présentée comme "historiquement quasi sans précédent", terminera probablement sans père donc sans … responsable. Et l'opinion vouée à payer durablement semble s'accoutumer à cette logique …
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