Denis Bonzy

Grenoble agglo : le Grand Stade des Alpes doit – il être mis en vente ? (1/2)

Depuis plusieurs années, l’agglomération est privée de véritables débats de fond. De temps à autre, il est question de sujets divers par exemple sur la limitation de vitesse où majorité et opposition polémiquent sur le point de savoir si le passage à 70 km / H est opportun ou pas alors même que les embouteillages permanents généralisés ne permettent pas de dépasser au mieux les … 30 km / H.

Dès le printemps 2011, nous avons été les premiers à évoquer, chiffres à l’appui, la gravité de la situation financière des collectivités locales de l’agglomération.

Les réalités sont simples :


1) les collectivités locales sont au plafond des impôts comme de l’emprunt,

2) au moment où elles n’ont plus de marge de manoeuvre financière, la pauvreté augmente de façon accélérée du fait de la crise économique,

3) dans le même temps, des équipements structurants à destination de la jeunesse, des seniors ou de l’efficacité économique (voies de circulation) ont pris des retards considérables suite à l’immobilisme des dernières années.

Par conséquent : que faire ?

Deux hypothèses :

– continuer comme hier = aggravation de la situation = + d’impôts + d’emprunts et toujours – de services en retour,

– constater les réalités des faits et apporter des solutions concrètes visant à regagner de la marge de manoeuvre financière pour faire face à la poussée ponctuelle des solidarités sociales et regagner de la marge d’endettement pour des investissements collectifs structurants durables.

Si c’est ce dernier choix qui est fait, il faut rapidement constater qu’il y a un élément du passif qui coûte cher sans perspective de valorisation sans changement brutal de cap : le Grand Stade des Alpes.

Combien d’agglomérations ont un stade neuf mais vide : aucune !

La DSP est-elle la solution ? Pas nécessairement. Elle peut être infructueuse dans 12 mois. Des plans « B » sont nécessaires.

Est-il dans la vocation d’une collectivité publique d’être propriétaire d’un stade de ce type ? Non. Bien au contraire, la propriété publique est l’exception dans ce niveau sportif comparable. A Lyon, les 300 M€ du nouveau stade sont entièrement financés par le privé (à Grenoble le stade a été entièrement financé par les contribuables). Le 5 octobre 2011, M. Aulas a présenté à des chefs d’entreprises lyonnais le détail de son nouveau stade. Présent en la circonstance, comme tous les autres invités, j’ai pu constater, tableaux techniques à l’appui, l’immensité du décalage entre le dossier grenoblois et les dossiers des stades qui marchent.

Les contribuables ont droit au respect de 4 valeurs fondamentales :

1) le droit à l’information sur la réalité des chiffres : des élus locaux ne doivent pas avoir la « mentalité des banquiers » : toujours renflouer sans la clarté sur les coûts,

2) le droit au retour sur l’investissement des impôts : la logique de la privatisation des bénéfices et de la publicisation des pertes n’est pas acceptable,

3) la visibilité sur l’avenir des impôts locaux : car + d’impôts locaux c’est – de pouvoir d’achat,

4) la concentration de la collectivité publique sur ses missions fondamentales : solidarités, enseignement, structures pour l’emploi … Le business du sport de haut niveau n’appartient pas à de telles missions fondamentales.

Par conséquent, sur le principe, ce plan B devrait être ouvert.

Suite : les modalités pratiques (2/2).

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