Depuis plusieurs mois déjà, ce blog a été le premier à tirer la sonnette d’alarme sur l’endettement public dans l’agglomération grenobloise. Suite à l’article paru dimanche dernier dans le JDD, c’est désormais un sujet d’ordre public : la Ville de Grenoble est parmi les 10 grandes villes les plus endettées de France. Ce n’est plus une alarme. C’est maintenant un fait qui est dans le domaine public.
5 questions s’imposent et face à chaque question, le déficit de solutions est inquiétant.
1) Pourquoi cette « révélation » maintenant ? Parce que les majorités locales ont déployé tous les efforts pour garder le « couvercle sur la marmite » et que les oppositions locales n’ont pas mobilisé leur expertise et leurs efforts pour alerter assez fort sur ce dossier essentiel.
2) Cet endettement est-il très élevé ? Oui. Le « palmarès » officiel public montre qu’il y a seulement 7 grandes Villes plus endettées que Grenoble. C’est donc un endettement « record ».
3) Cet endettement local contient-il de la dette toxique ? Oui. Le montant de l’endettement ainsi qualifié varie selon les sources techniques. Mais ce montant demeure élevé même dans les hypothèses les plus basses.
4) Ce montant d’endettement est-il trop élevé ? Oui. Il est non seulement trop élevé dans l’absolu mais surtout quand il est mis en relation avec les investissements d’intérêt général à venir. L’agglomération n’a plus les moyens financiers nécessaires pour conduire de grands investissements d’avenir.
5) Que va-t-il donc se passer ? Les collectivités locales diffèrent les grands investissements après 2014. Une fois cette échéance électorale passée, elles mèneront une double action : augmentation de la fiscalité locale et installation du péage urbain. C’est ce dernier, sorte de taxe sur la consommation des routes, qui est supposé donner les moyens pour engager des investissements hier bloqués et aujourd’hui différés.
C’est ce discours de vérité qui n’est pas tenu. La vérité a été mise au placard hier pour constater le niveau d »endettement. Elle est mise au placard aujourd’hui pour présenter les véritables solutions probablement déjà retenues par les majorités en place.
Ce sont ces « solutions » dont il faut débattre. C’est cet avenir qui compte et non pas la réécriture permanente d’un passé qui par définition est dépassé. Cet avenir ne peut pas et ne doit pas reposer sur cette fuite en avant vers des taxations toujours plus lourdes.
Un rédéploiement public d’ampleur doit donc être organisé. Le péage urbain ne doit pas être une fatalité. L’endettement public traduit d’abord la crise d’un interventionnisme public généralisé qui coûte trop cher. C’est cette page de l’intervention publique généralisée qui doit être tournée. C’est l’enjeu majeur des échéances locales de 2014.
Toujours plus d’impôts et de taxes, c’est toujours moins de pouvoir d’achat. C’est cette spirale qu’il faut casser. Les élus doivent se mettre à l’heure des ménages, des commerces, des artisans, des entreprises. Ils doivent réviser le train de vie des collectivités publiques et proposer des économies mais aussi de nouvelles modalités d’actions.
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