Denis Bonzy

François Hollande et la polémique sur l’utilisation de Twitter

A l’origine de cette polémique, les faits suivants : à l’issue du dernier débat des primaires PS, François Hollande mobilise les réseaux de ses militants consentants pour expédier, via leurs comptes privés Twitter, des messages uniformes rédigés par l’équipe de François Hollande.

Les plus critiques vont parler de campagne « moutons 2.0 ». C’est vrai que déléguer son compte personnel pour qu’un message externe soit adressé par ce biais, c’est une « logique » très particulière.

En réalité, cette instrumentalisation des comptes Twitter montre les actuelles limites générales de l’utilisation d’Internet dans la présidentielle française 2012.

Les nouvelles technologies doivent permettre de s’approprier une campagne pour sortir d’une logique de masse et évoluer vers une logique de « one to one ». C’est ce que réussit Obama actuellement.

En France, cette logique peine. Soit Twitter reste un espace de « gazouilleurs » qui lancent une bonne blague sur un fait précis. Soit c’est la reprise d’infos déjà parues. Or, comme Twitter est un média, Twitter a vocation à diffuser de l’information. Pour qu’il y ait de l’information c’est du contenu à valeur ajoutée par la communication d’un fait nouveau ou d’une analyse personnelle, rapide, instantanée.

La présidentielle française 2012 reste pour l’instant très traditionnelle : centralisée, peu participative en dehors du vote, sans dialogue véritable. Dans ce contexte, l’initiative de F. Hollande trouve tout son sens : utiliser Twitter comme des « facteurs démultipliés » et non pas comme des partenaires d’une campagne décentralisée.

Cette polémique est très instructive sur la relation globale en France dans la réalité des faits entre les élus et les citoyens.

 

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