Denis Bonzy

Dettes publiques : Christian Bec : « changer d’urgence d’état d’esprit »

Nous traversons actuellement une période inédite et nos meilleurs experts peinent à se projeter et à dessiner un avenir à court et moyen terme.

 Après la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers, c’est la crise des dettes souveraines et la faillite de la Grèce qui menacent notre système économique et l’euro. Notre dette n’en finit pas de s’accroître et les déficits se creusent. Le paradoxe, c’est le détachement du plus grand nombre des citoyens par rapport à cette situation, alors que c’est notre indépendance et notre liberté qui sont en jeu.


 

Pour ma part, je discerne certes une inquiétude mais pas un état d’esprit en mesure de mobiliser et de responsabiliser chacun d’entre nous. Il semblerait que les citoyens vivent comme l’Etat, c'est-à-dire au-dessus de leurs moyens. Les citoyens, comme les pays industrialisés, financent à crédit leur niveau de vie. Les uns empruntent pour payer les fonctionnaires et les autres pour partir en congés.Beck Christian

 Ce qui m’interpelle, c’est l’absence de concertation et de générosité intergénérationnelle. J’avais analysé le même type de comportement lors de la réforme des retraites. La faiblesse du système des retraites avant la réforme ne générait pas massivement la crainte d’une injustice pour les futurs retraités ayant cotisé pour les générations de leurs parents ou grands parents mais risquant de ne pas pouvoir bénéficier d’une retraite lorsque leur tour viendra. Pourtant, l’égoïsme n’est pas une valeur traditionnelle visant l’équité et une société harmonieuse. Il faut dire la vérité aux Français sans stigmatiser aucune catégorie sociale.

Il est urgent de prendre en compte les déficits publics, le surendettement des ménages mais également les menaces sur notre système de protection sociale. Notre société n’est plus en capacité de poursuivre une politique d’assistanat où les droits priment sur les devoirs. C’est la fin d’une période. Les efforts seront rudes si nous voulons éviter le pire et ne pas laisser l’ardoise à nos enfants. La Cours des Comptes prescrit à 5 % du PIB (90 Milliards d’euros), l’effort à accomplir pour rétablir l’équilibre des finances de la France. Le gouvernement annonce pour sa part 12 Milliards en deux ans (1 Milliard d’économies sur les dépenses et 11 Milliards de recettes fiscales nouvelles). Le gouvernement a pris des décisions qui s’imposaient, notamment au sujet de la réforme des retraites. Il doit être ambitieux sur les réformes visant l’équilibre des dépenses et ne pas céder sur la règle d’or. Cette règle n’appartient ni à la droite ni à la gauche. Elle est utile à la France et à l’Europe. 78 % des français y sont favorables (sondage de l’IFOP pour Paris Match). Les socialistes ne parviennent pas à produire des propositions réalistes. Ils conservent cette posture idéologique sur fond d’illusions. Méfions-nous d’un socialisme archaïque qui vante l’assistanat plus que l’effort. De droite ou de gauche, il faut prendre en compte la gravité et le caractère exceptionnel de la situation, et se comporter en force politique responsable. C’est un enjeu collectif, loin des ambitions individuelles.

Christian Bec

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