Denis Bonzy

Grenoble agglo : à quand une écologie positive et concrète ?

L’agence britannique de l’environnement vient de publier l’état de la qualité des rivières. Cet état montre des évolutions considérables. La Tamise accueille aujourd’hui 125 espèces de poissons alors qu’elle était biologiquement morte au début des années 60.

La rivière Taff, noire de rejets de charbon dans les années 80, accueille désormais un championnat de pêche avec retour de saumons, truites, anguilles.

La loutre qui est un indicateur naturel incontestable de la qualité des rivières a été multipliée par 10. Des loutres sont désormais présentes dans 60 % des sites examinés contre 5 % en 1980.

Ces résultats montrent que des évolutions concrètes sont possibles. A l’opposé de tels progrès, dans l’agglomération grenobloise, les rivières sont à l’abandon.

5 constats pratiques :

1) Les aménagements ludiques ou pédagogiques autour des rivières n’ont connu aucune amélioration significative ces dernières années. Bien au contraire, à l’exemple du lit du Drac sur Pont de Claix, des panneaux et des équipements ont été détériorés sans être remplacés.Etang barbier 2

2) Aucun aménagement structurant n’a été conduit pour inclure des rivières dans des espaces de vie notamment par l’aménagement paysager des berges susceptibles d’être mises en valeur pour des parcours en sites protégés donc sécurisés. Là aussi, les berges du Drac sont un triste exemple de l’absence d’évolution à la différence d’autres territoires départementaux par exemple dans le Voironnais.

3) Les entretiens d’équipements dits de retenues face à des éboulements de matériaux sont particulièrement mal opérés. La quasi-totalité des sites concernés est saturée, dépourvue de l’efficacité initiale.

4) L’eau n’a pas conquis les centres des villes. Les espaces naturels sont systématiquement réduits et les fontaines ou les plans d’eau y sont de plus en plus rares.

5) Les avancées dans le traitement des eaux usées ont été marginales . Dans la Métro, la couverture du péri-urbain à habitat dispersé en matière d’assainissement collectif n’a pas connu de pas en avant notoire sur les 15 dernières années. Bien davantage, la sécurisation de l’alimentation en eau potable par la diversification des sources d’alimentation a stagné.

Que traduit cette réalité des faits ?

L’agglomération grenobloise est devenue la caricature d’une écologie punitive, qui s’oppose, qui dénonce mais qui n’a pas pris en charge deux ou trois dossiers majeurs avec large délégation pour prouver, par des actes, la qualité d’une approche différente. Les Verts de Grenoble ont été en avance par rapport au plan national dans leur implication dans des sujets de gouvernance locale autres que l’environnement. Ils ont par exemple été les premiers à mettre en alerte sur les finances de la Métro, sur des choix de localisation d’équipements publics. Mais ils ont été moins mobilisés sur des sujets environnementaux très concrets, positifs comme la qualité des rivières, la multiplication des parcs naturels, le développement des parcours pédagogiques, la diversification des sources d’alimentation en eau potable, la couverture de l’assainissement collectif dans l’habitat péri-urbain épars. C’est cette écologie pratique, positive qui fait défaut dans de nombreuses localités françaises et l’agglomération grenobloise en est un exemple emblématique.

Quand on compare les actions conduites dans des villes étrangères et celles de certaines villes françaises en matière d’environnement, le décrochage est manifeste. Le récent rapport sur la maintenance des tuyaux d’alimentation en eau potable (40 % de fuites par endroits) dressait des chiffres terribles. Au rythme actuel, un réseau est renouvelé en France au-delà d’un siècle. Le déclassement de la France en matière d’environnement devient un sujet de plus en plus préoccupant.

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