Denis Bonzy

Dettes publiques : les citoyens en avance sur les politiques

L'enquête IFOP réalisée du 9 au 11 août 2011 pour Sud Ouest sur la crise des dettes publiques montre l'évolution considérable de l'opinion pendant l'été 2011.

Trois priorités se dégagent :

– la lutte contre la délinquance,

– le relèvement des salaires et du pouvoir d'achat,

– la réduction de la dette public.

14 points de progression pour ce derner sujet sur les 15 derniers mois, ce qui montre, si besoin était, l'impact des dernières semaines.

Le taux d'inquiétude sur le déficit public et la dette monte à


 82 %. Il est très élevé mais diminue légèrement comme si la capacité à surpasser les crises conduisait à une forme d'inquiétude plus modérée. Le taux d'inquiétude le plus élevé avait été en mars 2010 (88 %), lors de la révélation de la crise grecque.Europe 12 05 09

Ce qui est le plus intéressant porte sur les propositions avancées pour résorber la dette :

– revenir sur la baisse de TVA accordée aux restaurateurs (62 %),

– supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires (57 %).

Puis arrivent sur des bases plus clivantes, l'accélération de la politique de non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite (53 %). Ensuite, c'est la diminution de certaines prestations sociales (50 %).

Bien loin après arrive l'hypothèse de l'augmentation des impôts et des taxes pour résorber le déficit (24 %).

Ces chiffres montrent que l'opinion sait que le niveau d'administration publique comme le niveau global des prestations sociales ne sont plus suppportables dans le temps a fortiori quand le vieillissement de la population va faire exploser d'autres charges publiques.

Les citoyens ont une conscience qui est en avance par rapport à l'expression des politiques. Ce fut déjà le cas dès 2005 quand l'opinion était prête à davantage de réformisme par rapport à l'immobilisme chiraquien de cette époque. C'est ce divorce qui a alors ouvert la voie à la popularité de Nicolas Sarkozy qui portait la promesse de "faire bouger les choses". Nous assistons aujourd'hui au début d'une séparation identique entre l'opinion et les politiques sur les conditions de la réduction de la dette publique.

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