Denis Bonzy

Dettes publiques : les promesses de la crise incontournable

La crise des dettes publiques ne fait que commencer : blocage parlementaire aux Etats-Unis, avertissement à l’Espagne, alerte sur la contribution française pour la Grèce … La page de l’endettement sans fin commence à se tourner. L’actuel débat parlementaire américain suscite beaucoup de commentaires critiques. A tort.

Tout d’abord, parce que


cette situation montre qu’un régime présidentiel comme celui des Etats-Unis repose sur un équilibre des pouvoirs considérablement plus réel qu’un régime supposé parlementaire comme la France.

Ensuite, ce blocage, c’est l’effet du 2 novembre 2010, date des élections dites intermédiaires. Une nouvelle génération a pris des responsabilités avec des promesses simples et claires :

– il faut réduire l’endettement,

– cette réduction passe par des économies et non pas par des impôts supplémentaires,

– des économies comme les ménages en font et comme l’Etat fédéral doit en faire également.Kristi Noem 11 11 10 Cette génération, à l’exemple de Kristi Noem (voir vidéo ci-dessous) assume totalement cette logique du « sens commun » et pour une fois ces candidats, désormais élus, entendent respecter leurs promesses électorales. Par conséquent, ils s’opposent aux côtés de leaders très engagés comme Ryan, Thune, Cantor … à toute hausse du plafond de la dette mais aussi à toute hausse des impôts.

Ce faisant, c’est la belle promesse de l’actuelle crise : que la gouvernance publique cesse de vivre dans une bulle qui considère que les « recettes permanentes » pourraient être de toujours faire grossir la dette ou toujours imposer davantage.

La France n’échappera pas à ce débat. Plus elle le retarde, plus le choc sera violent. Les comptes publics français sont parmi les plus détériorés. La dette nationale est très élevée. L’imposition bat des records. Mais en plus :

– les dettes locales sont très élevées à la différence d’une très large majorité des Etats membres des Etats-Unis,

– des dettes toxiques vont impacter fortement les seules dépenses de charges d’intérêts,

– la part sociale des budgets publics est très élevée. Or ces charges vont progresser avec une crise économique installée dans la durée.

Ce n’est donc pas une page qu’il va falloir tourner mais un nouveau livre qu’il faudra ouvrir. Les 30 dernières années ont été des années d’irresponsabilité au cours desquelles la charge de la dette a traduit une fuite en avant par démagogie électorale repoussant en permanence les réformes à effectuer. C’est la promesse principale de l’actuelle crise. Il faut aller vers une autre gouvernance avec un fonctionnement plus rigoureux, avec davantage d’austérité dans le train de vie des structures publiques, avec des élus qui donnent l’exemple d’un fonctionnement peu dépensier.

C’est une telle révolution qu’aucun leader français n’a encore ouvert sérieusement le sujet comme si leur culture les rendait allergiques à cette nouvelle donne …

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