Au journal de 8 heures ce matin, France Bleu Isère fait état d'un communiqué officiel de la Mairie de Grenoble contestant l'estimation publiée la veille par un quotidien régional (10 millions d'euros de pertes) et estime que le chiffre exact est de 3 millions d'euros de pertes.
Cette information est très intéressante à deux titres.
D'une part, un élève d'une Ecole de Commerce sait à l'issue de sa première année après l'enseignement des bases du droit des entreprises en difficulté qu'il est impossible de connaître la réalité sécurisée d'un passif dans le mois qui suit l'engagement d'une procédure de liquidation. Il y a un temps pour circulariser tous les créanciers éventuels. Il y a ensuite un temps pour recueillir leurs déclarations. Puis il y a un temps pour des contestations éventuelles des déclarations et dans ce cas il y a recours à une décision d'un représentant du Tribunal de Commerce concerné.
A l'intérieur même des créances, certaines peuvent être liées à des contentieux en cours. Par conséquent, leur valorisation est très délicate.
Dès lors, dans 3 à 5 mois, un premier estimatif sérieux deviendra possible sur l'ensemble du périmètre du passif du GF 38.
Auparavant, ce sont des querelles qui ont peu, voire même pas du tout, lieu d'être. Tout ce travail relève du liquidateur qui l'effectue traditionnellement avec beaucoup de minutie et de professionnalisme dans un cadre légal très strict. Sur Grenoble, tant le Tribunal de Commerce que les mandataires ont actuellement une réputation nationale de grande rigueur et il n'y a aucune raison de douter qu'elle ne s'appliquerait pas de façon exemplaire sur un dossier aussi "exposé" ; bien au contraire.
Donc, il est urgent d'attendre pour disposer d'informations précises et il est incontournable qu'il en soit ainsi.
D'autre part, et c'est le second élément important de cette controverse, la Ville de Grenoble publie un communiqué pour donner sa version chiffrée du passif. Cette initiative est un fait majeur. Parce que, pour le moins, par ce communiqué, la Ville de Grenoble montre qu'elle est informée de la gestion comptable du GF 38. Où peut être la frontière entre l'information a posteriori et l'association à la gestion quand une société privée porte à la connaissance d'un tiers des chiffres aussi précis et dans un cadre de confiance qui justifie qu'une collectivité publique se porte ainsi garante d'un renseignement privé ?
C'est une information majeure qui va rassurer les sportifs et les contribuables puisqu'elle leur passe comme message le niveau très élevé d'implication de la Ville de Grenoble dans la surveillance (voire la gestion ?) du GF 38. C'est une précision publique officielle de première importance à partir d'un fait majeur.
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