La dette publique vient de s'installer enfin au coeur du débat politique français. L'intervention de Nicolas Sarkozy hier est positive à cet égard. Ce dossier occupe déjà le premier plan de la quasi-totalité des autres économies comparables. Il y a une dizaine de jours, Ben Bernanke a mis en garde contre la niveau de la dette fédérale américaine.
Le Trésor américain pourrait être confronté à des difficultés majeures au-delà du 2 août 2011 faute de mesures significatives. Le risque de défaut de paiement a même été évoqué pour certaines obligations arrivant à échéance.
Au Canada, hier, un rapport remarquable (rapport de la BDC) dresse un état implacable de l'économie internationale. Il est écrit : "le fardeau intenable de la dette publique dans plusieurs économies avancées menace la stabilité du système financier canadien".
Il est fait état d'un niveau d'endettement "stratosphérique".
La France n'échappe pas à cette réalité, loin s'en faut. Bien davantage, en France, le niveau inacceptable de la dette publique dans le temps est cumulé parce que le fait de l'Etat et des collectivités locales pour des raisons différentes.
Au niveau de l'Etat, l'endettement est d'abord la conséquence de son incapacité à se réformer. Le "mal endettement" est la traduction de réformes annoncées mais jamais concrétisées dès qu'il s'agit de dépenser moins, de coûter moins, de supprimer des structures dépassées, de supprimer des "fromages de la République" qui coûtent cher pour rien en retour.
Au niveau des collectivités locales, le PS a créé des bureaucraties locales très onéreuses avec des charges récurrentes majeures à l'exemple des frais de personnels ou de la multiplication des locaux publics.
Ces deux réalités cumulées placent aujourd'hui la France en salle d'attente des pays très exposés. En 2012, la charge de la dette sera le premier poste du budget de l'Etat avant même le budget de l'enseignement. Toute dégradation de la notation ferait exploser les taux d'endettement rendant alors incontournable une cure d'austérité d'une extrême sévérité.
Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus de faire rêver mais de remettre les pieds sur terre et de concevoir une réduction du fonctionnement public dans des conditions respectueuses de la solidarité et de la carrière des agents publics.
Les élus et les hauts fonctionnaires territoriaux doivent donner l'exemple. Leurs rémunérations ajoutées à des conditions de fonctionnement (voitures de fonction, frais de déplacements …) sont aujourd'hui souvent déconnéctées du marché privé à responsabilités comparables. Des élus locaux de Communes de l'agglo grenobloise ont, toutes indemnités cumulées, des rémunérations de l'ordre de 8 000 € tandis que des fonctionnaires territoriaux de structures de coopération intercommunale dépassent les 10 000 € sans compter les avantages collatéraux (voitures de fonction, appartements de fonction …).
Ce train de vie doit être révisé pour que l'argent économisé profite aux plus défavorisés et / ou à la diminution de la fiscalité donc à l'amélioration du pouvoir d'achat de chacun.
Les budgets de fonctionnement doivent diminuer rapidement. Le temps des cigales est fini. Le secteur public devrait rapidement se faire à cette réalité.
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