Denis Bonzy

Grenoble agglo : à quand le seul débat qui compte : le projet pour le « grand Grenoble » ?

La discussion sur le projet de coopération intercommunale dans l'agglomération grenobloise se déroule actuellement dans des conditions classiques mais inquiétantes : le vide de projet. Il est question de formules juridiques alors que l'enjeu devrait être un projet de vie dans l'agglomération et le choix en conséquence d'une formule juridique et de nouveaux contours territoriaux.

De façon significative, il est question de la Métro alors qu'il devrait être question du "grand Grenoble". C'est une réalité des mots porteuse de lourdes significations. Nous rencontrons des grenoblois mais jamais des "métro-istes". C'est une réalité aussi que parler actuellement de "grand Grenoble" peut paraître décalé tant les échecs sont nombreux car la crise est actuellement partout à Grenoble : insécurité, sport du haut niveau, pollution, propreté en centre ville …

Le développement urbain de Grenoble a toujours été confronté à trois contraintes majeures :

– une relative exiguïté du territoire municipal, 1813 hectares, fortement urbanisé au cours des années 1970 qui ont marqué la vive expansion de la ville et les développements d'équipements publics des années 80 pour harmoniser les lieux de vie,

– le rapport de plus en plus déséquilibré entre la ville – centre et la périphérie,

– un déséquilibre dans la structure de la population et sa répartition à l'intérieur même de la ville. La population jeune compose les quartiers Sud de la ville alors que les quartiers anciens se dévitalisent.

Ces dernières années, deux tendances nouvelles majeures sont intervenues :

– d’une part, la dévalorisation du centre ville. Il fut longtemps question du retour des étudiants dans la Ville de Grenoble qui est une Ville universitaire en ayant …peu d’étudiants sur son territoire. Le centre-ville n' a pas connu d'efforts pour en faire un lieu de vie, de dynamisme commercial, de culture …

Le déclassement du centre-ville est une réalité notamment pour cause de rejet des automobiles. La Ville de Grenoble est aujourd'hui éclatée sans coeur fréquenté souvent par tous les habitants de l'agglomération. Sous les municipalités Carignon, un axe fort consistait à valoriser à terme la Bastille, cette montagne dans la ville. L’objectif de ce projet était de faire en sorte que Grenoble soit une ville où les touristes s’arrêtent au lieu de la contourner. A cette fin, il fallait donc lui donner une identité forte, une caractéristique qui soit une valeur ajoutée. Mais comme c'était un projet des "années Carignon", par définition, il ne pouvait être que "mauvais" dans le sectarisme ambiant qui a tant frappé la capitale du Dauphiné.

– d'autre part relier la Ville à sa périphérie. C'est un immense chantier passant notamment par la réorganisation de l'espace du "grand Grenoble" grâce à des localisations plus pertinentes de services publics consommateurs de fortes fréquentations.

Ce sont des débats de ce type qui devraient dessiner les contours de la future agglomération.

Non pour le moment, l'enjeu c'est de franchir un seuil de populations. Ce qui n'est pas trouvé à l'Est est cherché à l'Ouest, puis au Sud mais aussi un peu au Nord. C'est le "projet NEOS" : nord, est, ouest, sud : grapiller partout pour franchir 450 000 habitants. Ce projet "NEOS" mène au néant. Une structure administrative de plus, des impôts de plus. Mais pas de projet collectif. Une occasion de plus manquée. Dommage !

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