Les primaires du PS reviennent-elles à l'organisation d'un fichier politique au sein des Mairies ? La réponse est oui par nature.
En effet, l'organisation d'un fichier politique (volontairement ou pas ?) est incontournable avec le dispositif de croisement entre les listes électorales et l'appartenance partisane. C'est la définition même d'un fichier politique qui permet d'identifier des "militants" par action (ceux qui sont inscrits) et d'autres militants par déduction (ceux quin ne sont pas inscrits).
Trois différences essentielles existent entre la primaire PS et la primaire américaine.
Tout d'abord, l'effet de taille : aux Etats-Unis, l'effet de taille protège l'anonymat comme il assure la représentativité du choix. En 2008, Hillary Clinton a recueilli 18 millions de voix dans la primaire démocrate … On est loin des quelques centaines de partisans exprimés dans certains départements de France…
Ensuite, les critères techniques d'inscriptions pour voter. La primaire n'est pas dans la culture politique française. Des inscriptions "fantaisistes" car aux liens trop distendus avec le militantisme peuvent intervenir et fausser le choix pourtant effectué au nom des "militants".
Enfin et surtout, le rôle d'employeur public qui est souvent celui de dirigeants du PS. L'affaire des Bouches du Rhône a mis en évidence certains volets de conséquences collatérales à ce statut d'employeur public.
Edouard Courtial, Député de l'Oise, a raison d'insister sur le danger de rupture d'impartialité. C'est la voie ouverte à une politisation des repères qui est une atteinte à l'impartialité du service public. la position de la CNIL sur ce sujet est à suivre avec beaucoup d'attention. Ce n'est pas la primaire du PS qui est en cause mais la neutralité même du service public.
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